Un niveau d'endettement qui monte et alerte
Bank Al‑Maghrib, l'ACAPS et l'AMMC publient un bilan sans ambiguïté : l'encours de la dette des ménages marocains a atteint 456 milliards de dirhams en 2025, ce qui représente 27 % du PIB. C'est la plus forte progression de l'encours depuis 2012 selon le rapport conjoint sur la stabilité financière.
Quelle lecture pour le pouvoir d'achat ?
Cette montée de l'endettement se lit comme un moteur de consommation, mais aussi comme une source de vulnérabilité. Le rapport souligne que le crédit immobilier reste le principal vecteur de croissance de la dette, accompagné d'un segment de crédits à la consommation dynamique et sensible aux variations de revenus et des taux. La transmission des hausses du taux directeur aux taux débiteurs a déjà augmenté le coût du crédit, réduisant la marge de manœuvre financière des ménages.
- 456 milliards de dirhams : encours total de la dette des ménages en 2025.
- 27 % du PIB : part de cette dette dans la richesse nationale.
- Environ 32 % des ménages consacrent plus de 40 % de leurs revenus au remboursement des emprunts.
Pour mesurer concrètement l'effet sur un budget familial : si un foyer dispose d'un revenu mensuel net hypothétique de 2 000 €, consacrer 40 % aux remboursements représente 800 € par mois qui ne peuvent être utilisés pour l'alimentation, l'énergie, les transports ou l'épargne. Cette comparaison vise à illustrer l'impact sur le pouvoir d'achat d'un ménage déjà fragile face à la hausse des taux.
Concentration des risques et conséquences macroéconomiques
Le rapport indique que les ménages qui affectent plus de 40 % de leur revenu au service de la dette concentrent près de 41 % des encours bancaires et des financements. Autrement dit, une part significative du stock de dette est entre les mains de foyers particulièrement exposés à un choc de revenus ou à une hausse supplémentaire des taux d'intérêt.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Encours dette des ménages | 456 Md dirhams |
| Part dans le PIB | 27 % |
| Ménages >40 % revenus pour dettes | 32 % |
| Part des encours détenue par ces ménages | 41 % |
Des signaux à suivre pour les pouvoirs publics et les ménages
Du point de vue des autorités, ce profil d'endettement justifie une vigilance macroprudentielle : limiter les risques systémiques liés à un boum du crédit immobilier et encadrer les conditions d'octroi des crédits à la consommation. Pour les foyers, la conjoncture incertaine et le relèvement des taux impliquent de vérifier la soutenabilité des remboursements et, si nécessaire, de prioriser la réduction d'un endettement coûteux.
Au final, si la dette a permis de soutenir la consommation — qui représente une part importante de l'activité — elle peut aussi rogner le pouvoir d'achat immédiat des ménages et freiner la demande future si le service de la dette devient trop lourd.