Ether.fi étend les fonctionnalités de son application néobanque non-custodiale en intégrant le trading d'actions et de métaux tokenisés, un emprunt adossé au portefeuille via Aave et des options de paiement en monnaie fiduciaire élargies. La mise à jour, baptisée « Summer », vise à attirer un public moins spécialisé dans la cryptomonnaie et à rapprocher l'expérience utilisateur des applications bancaires traditionnelles.
Une offre hybride : conservation autonome et liquidité
La particularité d'Ether.fi repose sur un modèle non-custodial : les actifs restent sous le contrôle des utilisateurs via des coffres de conservation autonome. La nouvelle version permet toutefois d'utiliser ces actifs comme collatéral pour emprunter sans les vendre, en les laissant générer des rendements tout en conservant l'accès à des liquidités.
- Actifs ajoutés : actions et matières premières tokenisées via xStocks.
- Prêt : possibilité d'emprunter contre l'ensemble du portefeuille via Aave ; taux d'emprunt annoncés autour de 4%.
- Paiements : fonds utilisables via la carte ether.fi Cash ou transférables vers d'autres destinations.
Ce que change la version « Summer »
Selon la société, l'application a été repensée pour être « moins orientée crypto » et accessible à un public beaucoup plus large. L'intention est manifeste : présenter des outils de finance décentralisée sous une forme qui rappelle davantage les applications bancaires et d'investissement classiques, en insistant sur la conservation autonome des clés et des actifs.
« Avec ether.fi, nous comblons le fossé entre la finance décentralisée et les besoins financiers du quotidien », a déclaré le PDG Mike Silagadze.
Conséquences pour les clients et les acteurs traditionnels
La convergence de services — garde autonome, emprunt à taux compétitifs et accès à des produits tokenisés — pose plusieurs questions pour le paysage financier :
- Protection des clients : le modèle non-custodial remet la responsabilité de la sécurité entre les mains des utilisateurs, ce qui peut compliquer le recours en cas de perte de clés ou d'erreur.
- Concurrence : des taux d'emprunt annoncés autour de 4% et la possibilité d'utiliser des actifs productifs comme collatéral peuvent attirer des profils bancarisés et non bancarisés, créant une pression concurrentielle sur les offres de crédit classiques.
- Régulation : la juxtaposition d'instruments tokenisés et de services de paiement fiduciaire soulève des interrogations réglementaires, notamment en matière de lutte contre le blanchiment, de protection des investisseurs et de cadre fiscal.
Points de vigilance
La promesse d'Ether.fi de « remplacer la banque traditionnelle pour la plupart des utilisateurs » met en lumière deux tensions : d'une part, l'attrait d'outils offrant autonomie et rendement ; d'autre part, l'absence de filets classiques (assurance des dépôts, relations client-banque) qui caractérisent le secteur bancaire régulé. Pour les acteurs établis, la montée en gamme fonctionnelle des solutions DeFi constitue une source de disruption ; pour les régulateurs, elle exige une clarification des obligations applicables.
La mise à disposition d'un emprunt adossé au portefeuille via Aave et l'accès à des produits tokenisés élargissent l'offre mais renforcent la nécessité d'une communication transparente sur les risques et les mécanismes de recouvrement. Les prochains mois permettront de mesurer si cette stratégie attire massivement une clientèle grand public ou si elle reste cantonnée à des utilisateurs déjà familiers des mécanismes décentralisés.