Des transferts vers l'assurance maladie en nette hausse depuis l'envoi des lettres de fin d'indemnisation
Les premières données de suivi de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami) indiquent une accélération notable des passages du chômage vers l'assurance maladie-invalidité depuis septembre 2025, au moment où les premières lettres annonçant la fin prochaine des allocations ont été envoyées. Après une baisse des transferts observée en début d'année 2025 par rapport à 2024, la tendance s'est inversée à la rentrée.
Concrètement, comparé à 2024, l'Inami relève : une progression de +7% en septembre 2025, +18% en octobre et jusqu'à +45% en décembre. Sur l'ensemble de l'année 2025, ces passages ont augmenté de 4,30% par rapport à 2024, alors qu'entre 2023 et 2024 ils avaient diminué de 2,37%. À l'aune de ces premiers chiffres, l'institut craint que 2026 n'enregistre de nouveaux records si la dynamique se poursuit.
"Si on veut encore réaliser des économies dans la santé, il faudra nous dire comment faire"
Ce que ces chiffres changent pour les assurés et les finances publiques
Pour les personnes concernées, un « transfert » du régime chômage vers l'incapacité de travail modifie profondément leur parcours : durée d'indemnisation, accessibilité aux soins et relations avec le médecin-conseil deviennent déterminants. Pour les financeurs, ces basculements signifient un redéploiement des dépenses sociales : des économies attendues sur l'assurance chômage peuvent se retrouver partiellement compensées par des dépenses accrues du côté de la santé et de l'invalidité.
L'Inami souligne qu'il n'est pas encore possible de déterminer précisément combien des transferts observés concernent des personnes proches de la date d'arrêt des allocations. Néanmoins, le lien temporel entre l'envoi des courriers administratifs et la brusque augmentation observée dès septembre 2025 laisse à penser que la réforme du chômage a joué un rôle au moins partiel dans ce phénomène.
Risques et conséquences
- Risque de sur-sollicitation des services d'incapacité de travail et des médecins-conseils.
- Impact budgétaire : transfert de charges entre branches sociales, possible pression sur le budget de la santé.
- Conséquences individuelles : changement du statut indemnitaire et des droits, qui peut complexifier l'accès à l'emploi et aux dispositifs de soutien.
Les autorités de suivi annoncent une analyse plus fine des deuxième et troisième vagues d'exclusion du chômage, pour mieux distinguer l'effet mécanique de la réforme des autres facteurs (santé réelle, vieillissement des dossiers, etc.).
| Comparaison | 2024 vs 2025 |
|---|---|
| Variation annuelle totale des transferts | +4,30% |
| Septembre (2025 vs 2024) | +7% |
| Octobre (2025 vs 2024) | +18% |
| Décembre (2025 vs 2024) | +45% |
| 2023 vs 2024 | -2,37% |
À retenir
Ces premiers signaux doivent alerter les décideurs : une réforme de l'assurance chômage peut déplacer des dépenses et créer des effets de seuil sur d'autres branches de la protection sociale. Le suivi statistique de l'Inami devra permettre, dans les prochains mois, de préciser si ces transferts résultent d'une stratégie individuelle (demande d'arrêt maladie) liée à la fin des droits, d'une évolution structurelle de la santé des demandeurs d'emploi, ou d'une combinaison des deux. Pour les salariés et demandeurs d'emploi, la question est claire : comment sont-ils accompagnés dans cette transition et quelles protections restent effectives dans la durée ?