Vacances : la facture grimpe, les choix se restreignent
Les départs en congés cet été se déroulent sous la contrainte des prix. En juillet, l'inflation mesurée à la consommation a augmenté de 2,1 % sur un an, tandis que le carburant reste un poste onéreux avec le litre dépassant encore les 2 euros dans de nombreuses stations. Conséquence : les ménages qui partent surveillent davantage leurs dépenses et cherchent des alternatives gratuites ou moins coûteuses.
Le baromètre CSA‑Cofidis met en lumière un mouvement net : le budget moyen consacré aux vacances recule à 1 748 € cette année, soit 287 € de moins qu'en 2025 — le niveau le plus bas observé depuis 2022. Environ 6 foyers sur 10 ont la chance de partir, mais ils le font en dépensant moins.
Des arbitrages concrets pour le portefeuille
Concrètement, une baisse de 287 € sur le budget de vacances peut modifier sensiblement le contenu d'un séjour familial. Pour un foyer de quatre personnes, cela peut représenter :
- l'équivalent de plusieurs pleins de carburant pour les trajets locaux ;
- des repas en moins au restaurant (parfois deux ou trois sorties),
- ou encore la renonciation à des activités payantes comme la location d'un vélo ou une sortie payante par personne.
Face à ces contraintes, plusieurs comportements émergent : choix de destinations proches pour réduire la facture d'essence, hébergements moins chers, préparation des repas plutôt que restauration, et une recherche accrue d'activités gratuites. Le phénomène se traduit aussi par une vigilance accrue sur les dépenses quotidiennes pendant les vacances — la glace à deux boules ou la promenade payante deviennent des exemples de postes scrutés.
Pourquoi cette érosion du budget ?
La combinaison de l'inflation persistante et du coût élevé de l'énergie pèse lourd. Le litre d'essence au‑delà de 2 € reste un coup dur pour les ménages qui utilisent la voiture pour se rendre sur leur lieu de vacances. Parallèlement, la hausse générale des prix rend chaque sortie ou service plus chère, contraignant les familles à prioriser.
Ce que disent les chiffres
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Inflation (juillet, vs an) | +2,1 % |
| Budget moyen vacances (2026) | 1 748 € |
| Variation vs 2025 | -287 € |
| Part des ménages partant | ~60 % |
| Prix carburant | > 2 €/L |
Regards et réactions
"Il s’agit du montant le plus bas 'depuis 2022, où le pic inflationniste avait déjà poussé les ménages à resserrer leurs dépenses'", souligne l'étude.
Les professionnels du tourisme constatent un double phénomène : moins de dépenses par vacancier, mais une affluence qui reste parfois stable. Les restaurateurs et les loueurs de matériel notent un report vers des offres à bas prix ou des demandes de promotions. Pour les familles, l'enjeu est de conserver la qualité des vacances sans pousser le budget au‑delà du raisonnable.
À l'échelle du foyer, la réflexion budgétaire prend la forme d'arbitrages précis : privilégier un trajet plus court pour économiser sur l'essence, partager davantage les frais en famille ou encore choisir des périodes moins demandées. Pour beaucoup, l'été 2026 est moins synonyme d'excès et plus d'inventivité pour préserver le repos sans ruiner le compte courant.
En définitive, si partir reste possible pour une majorité, le coût réel des congés reste sous pression : quelques dizaines à quelques centaines d'euros épargnés ici ou là peuvent influer fortement sur le ressenti de ce moment de l'année — et sur le pouvoir d'achat global des ménages.