Stabilité tarifaire en août face à un contexte financier tendu
Les banques françaises ont choisi de garder leurs barèmes de crédit immobilier inchangés en ce début du mois d'août, selon les derniers relevés publiés fin juillet par les principaux courtiers. Cette stabilité porte les taux moyens autour de 3,40 % sur 20 ans hors assurance, traduisant une stratégie commerciale visant à ne pas freiner la demande sur le marché du logement.
Les courtiers consultés expliquent que la concurrence entre établissements pousse à maintenir des conditions attractives pour capter de nouveaux emprunteurs. En pratique, pour un emprunt de 250 000 euros sur 20 ans, le simulateur de Pretto indique une échéance de 1 442 euros par mois hors assurance et un coût total du crédit de 96 080 euros. Ces ordres de grandeur permettent de mesurer l'impact concret de la configuration actuelle des barèmes.
Qui bénéficie des meilleures conditions ?
- Meilleurs profils : taux proches de 3 % sur 20 ans.
- Ménages modestes (revenu net annuel < 40 000 €) : autour de 3,60 %.
- Primo‑accédants : des offres ciblées subsistent, avec des promotions spécifiques.
Les écarts peuvent aussi être significatifs selon la localisation : un dossier bien noté décroche en moyenne 3,10 % sur 25 ans en Île‑de‑France, contre 3,60 % en Corse et en PACA, souligne Pretto. Meilleurtaux note par ailleurs que la suppression de certaines offres promotionnelles pour les primo‑accédants a eu pour effet d'augmenter de 5 à 10 points de base le taux des prêts effectivement distribués.
| Situation | Taux observé |
|---|---|
| Profil très bon (20 ans) | ~3,00 % |
| Taux moyen (20 ans) | ~3,40 % |
| Ménages < 40 000 €/an | ~3,60 % |
| Bon dossier en Île‑de‑France (25 ans) | 3,10 % |
Pourquoi les banques tiennent-elles ces niveaux ?
Les établissements arbitrent entre deux préoccupations : l'évolution des marchés obligataires et la nécessité de conserver une dynamique commerciale. Les banques surveillent particulièrement l'OAT 10 ans, référence pour leurs barèmes. Bien que les rendements souverains aient affiché des tensions en juillet, plusieurs acteurs ont choisi de ne pas répercuter immédiatement ces hausses sur les taux distribués, afin de ne pas casser la demande et de continuer à attirer les meilleurs dossiers.
Concrètement, cela se traduit par une volonté de maintenir des décotes commerciales pour les clients les plus solides et par le maintien d'offres spécifiques pour les primo‑accédants. Un grand établissement a ainsi lancé une offre partielle à 1,99 % réservée à cette clientèle, cumulable sous conditions avec le prêt à taux zéro, selon Vousfinancer.
Conséquences et perspectives
Pour les emprunteurs, cette pause dans la remontée des barèmes est une opportunité : la concurrence entre banques laisse encore une marge pour négocier, en particulier pour les dossiers solides. En revanche, les disparités régionales et la suppression de certaines promotions peuvent rendre l'accès au crédit plus coûteux pour les ménages modestes et les primo‑accédants hors dispositifs aidés.
À la rentrée, la donne pourrait cependant évoluer : si l'OAT 10 ans continue d'augmenter, les banques pourraient être amenées à ajuster leurs barèmes pour préserver leurs marges. Les candidats à l'achat immobiliers auront donc intérêt à comparer les offres et à solliciter plusieurs établissements pour faire jouer la concurrence.