Un recul de l'intégration des jeunes sur le marché du travail
Le rapport 2026 de l'Organisation internationale du travail (OIT) dresse un tableau préoccupant pour les jeunes au travail. Après un rebond post-pandémie, la dynamique s'affaiblit : le taux de chômage des 15-24 ans remonte légèrement à 12,4 % en 2025, ce qui représente près de 67 millions de jeunes sans emploi dans le monde. En parallèle, le nombre de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) progresse : leur part passe de 19,7 % en 2023 à 20 % en 2025, soit 257 millions de personnes.
Des régions et des groupes particulièrement exposés
Le rapport pointe des disparités fortes selon les régions. Parmi les progressions les plus marquées du chômage des jeunes figurent l'Afrique du Nord, l'Amérique du Nord et plusieurs zones d'Europe. L'Afrique du Nord conserve un taux de chômage des jeunes très élevé, l'un des plus importants au monde, ce qui alerte sur des blocages structurels dans l'accès à l'emploi pour les nouvelles générations.
- NEET : proportion passée à 20 % en 2025 (soit 257 millions de jeunes).
- Chômage 15-24 ans : 12,4 % en 2025 (~67 millions jeunes).
- Régions en hausse : Afrique du Nord, Amérique du Nord, Europe du Nord, du Sud et de l'Ouest.
Un fossé selon le genre qui persiste
Le rapport met en lumière une inégalité de genre profonde parmi les jeunes exclus : les femmes représentent plus des deux tiers des jeunes simultanément privées d'emploi, d'éducation et de formation. Le taux de NEET féminin atteint 27,4 % contre 13,1 % pour les hommes. Cette divergence s'explique par plusieurs facteurs identifiés par l'OIT : tâches domestiques non rémunérées, discriminations et accès réduit aux emplois de qualité.
| Indicateur | Valeur 2025 |
|---|---|
| Taux de chômage 15-24 ans | 12,4 % (~67 M) |
| Part de jeunes NEET | 20 % (257 M) |
| Taux NEET femmes | 27,4 % |
| Taux NEET hommes | 13,1 % |
Conséquences pour les actifs et les décideurs
Pour les jeunes, ce recul se traduit par des trajectoires professionnelles retardées, un risque accru de précarité et des pertes de compétences si la formation continue fait défaut. Pour les employeurs, la situation combine pénurie de profils qualifiés dans certains secteurs et accumulation de talents sous-utilisés ailleurs. Du côté des pouvoirs publics et des acteurs de la formation, l'enjeu est double : soutenir la création d'emplois de qualité et adapter l'offre de formation aux transformations technologiques et économiques qui modèlent la demande de compétences.
Ce qui peut changer
Le rapport invite à des réponses ciblées : politiques actives d'emploi, formation professionnelle reconfigurée, mesures pour réduire le fardeau des tâches non rémunérées et lutter contre les discriminations. À court terme, la priorité est d'éviter que la génération sortant du système éducatif n'accumule des périodes longues d'inactivité — un coût humain et économique qui risque d'entraîner des effets durables.