Le gouvernement se dit prêt à agir alors que le chômage repart à la hausse
Le taux de chômage affiché pour le mois d'août atteint 8,3%, un niveau jamais vu depuis l'automne 2020, selon l'analyse avancée par le ministre du Travail. Interrogé par le Journal du Dimanche, Jean-Pierre Farandou a commenté ces chiffres, en insistant sur des facteurs externes — géopolitiques et climatiques — qui, selon lui, freinent la croissance et pèsent sur l'emploi.
Une situation particulièrement préoccupante chez les jeunes
Le ministre a souligné la dégradation la plus marquée chez les 15-24 ans : le taux de chômage de cette tranche d'âge s'établit à 21,6%, en hausse de 2,5 points sur un an. Ce niveau place la France loin derrière la moyenne mondiale mentionnée dans l'entretien, et rappelle la nécessité d'une réponse ciblée pour les jeunes en recherche d'emploi.
« Nous allons soutenir et pousser l'apprentissage », a déclaré Jean-Pierre Farandou.
Cette promesse intervient après des coupes dans les aides à l'apprentissage lors du dernier budget, dont le ministre évoque désormais une possible restauration. Il présente l'apprentissage comme l'un des leviers à activer pour faire baisser le chômage des jeunes.
Des créations d'emplois et des filières ciblées
Pour relativiser la situation, Jean-Pierre Farandou rappelle la dynamique d'emploi depuis 2017 : 2 millions d'emplois créés sur cette période. Il cite également des besoins massifs à venir dans plusieurs secteurs qualifiés de « souverains », proposant des opportunités d'embauche importantes.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Taux de chômage (global) | 8,3% |
| Taux de chômage 15-24 ans | 21,6% |
| Emplois créés depuis 2017 | 2 millions |
| Objectif du dispositif « Emploi futur » | 400 000 jeunes d'ici 2030 |
Quels secteurs et quelles ambitions ?
Le ministre cite des chiffres d'ampleur pour trois grandes filières :
- La défense : 100 000 emplois à pourvoir dans les prochaines années.
- L'énergie et le nucléaire : un potentiel évoqué de « plus de 500 000 » postes, selon ses estimations.
- Le dispositif « Emploi futur » : objectif de 400 000 jeunes intégrés dans l'emploi à l'horizon 2030.
Ces annonces visent à orienter la politique de l'emploi vers des besoins sectoriels jugés prioritaires, tout en réaffirmant la place de l'apprentissage comme instrument central pour rapprocher formation et recrutement.
Ce que cela change pour les salariés et les employeurs
Pour les jeunes demandeurs d'emploi, la relance de l'apprentissage et la concentration sur les filières de souveraineté peuvent ouvrir des débouchés concrets, mais dépendront des moyens mobilisés et de la capacité des entreprises à recruter et former. Pour les employeurs, l'accent mis sur ces secteurs signifie potentiellement des incitations et des recrutements massifs, mais aussi la nécessité d'adapter les parcours de formation aux besoins opérationnels.
Le ministre met en avant des facteurs exogènes — géopolitiques, énergétiques, climatiques — pour expliquer la fragilité actuelle du marché du travail. Reste à voir si les mesures annoncées, notamment la remontée des aides à l'apprentissage, seront rapidement mises en œuvre et si elles suffiront à inverser la tendance, surtout pour des jeunes dont le taux de chômage dépasse aujourd'hui largement la moyenne nationale.