Une facture alimentaire qui augmente, des quantités qui reculent
Le rapport du ministère espagnol de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation pour 2025 confirme une tendance désormais familière : les ménages paient plus pour se nourrir, tout en achetant moins en volume. En moyenne, chaque Espagnol a dépensé 1 875 € sur l'année pour l'alimentation du foyer, soit 369 € de plus qu'en 2019 (1 506 €).
Autre indicateur frappant : le poids du panier décline. En 2025 la moyenne des produits alimentaires introduits dans les foyers représente 557 kilos/litres, contre 621 en 2019. Autrement dit, on paye plus pour un contenu globalement inférieur.
Ce que cela représente pour le budget
Pour un ménage ou pour un individu, la traduction est concrète : 1 875 € par an représente environ 156 € par mois dédiés à l'alimentation par personne. Face à une dépense qui progresse plus vite que l'inflation générale, les marges de manœuvre des familles se contractent, en particulier pour les foyers modestes.
Évolution des prix : alimentation plus inflationniste que l'ensemble
Le rapport note que le prix des aliments a augmenté de 3,9 % en 2025, légèrement au‑dessus de l'Indice des Prix à la Consommation (IPC) national qui a atteint 3,6 % sur la même période. Sur la période 2019–2025, l'IPC des aliments et boissons non alcoolisées a progressé de 40 points, contre +22 points pour l'IPC général.
Des différences selon les territoires et les profils de foyer
La moyenne nationale masque d'importantes disparités régionales et par type de foyer. Certaines communautés enregistrent des dépenses annuelles par habitant nettement supérieures :
| Région | Dépense annuelle par habitant (2025) |
|---|---|
| Navarre | 2 164 € |
| Catalogne | 2 130 € |
| Pays basque | 2 093 € |
| Estrémadure | 1 626 € |
| Castille‑La Manche | 1 679 € |
| Andalousie | 1 692 € |
Le document signale aussi que certains profils — adultes vivant seuls, retraités et couples sans enfants — pèsent davantage dans la moyenne nationale que les couples avec enfants.
Conséquences concrètes pour le quotidien
- Moins de quantité pour le même budget : la hausse des prix réduit le volume d'achats, ce qui peut pousser à modifier les menus ou à choisir des produits moins chers.
- Pression sur les budgets mensuels : +369 € par an équivaut à environ +31 € par mois et par personne par rapport à 2019, somme non négligeable pour les foyers aux revenus limités.
- Inégalités régionales et sociales : selon la zone géographique et la composition du foyer, le poids de la facture alimentaire varie fortement.
Le rapport 2025 illustre ainsi un phénomène en deux temps : l'inflation alimentaire reste soutenue et érode le pouvoir d'achat, tandis que la quantité consommée recule, signe d'ajustements réels dans les comportements d'achat. Pour les responsables politiques et économiques, la question est désormais d'identifier les leviers permettant d'enrayer l'érosion du pouvoir d'achat alimentaire sans fragiliser la chaîne agricole et les filières de production.