Un modèle de financement inédit sur la grande boucle féminine
Lors de l’étape jurassienne entre Genève et Poligny, l’équipe « Ma Petite Entreprise » a attiré l’attention par son organisation : composée de dix coureuses professionnelles, elle est soutenue principalement par un réseau de très petites et petites et moyennes entreprises. Créée en 2024 et engagée au Tour de France féminin début 2026, l’équipe a déjà participé aux grandes courses diffusées en direct à la télévision.
Le projet se distingue par des chiffres concrets : environ 580 partenaires — à parité entre professionnels et particuliers — soutiennent aujourd’hui l’équipe, qui vise rapidement la barre de 1 000 soutiens. La gouvernance associe des profils reconnus du cyclisme, dont Vincent Lavenu (ancien directeur général d’AG2R-La Mondiale), et des entrepreneurs comme Emeric Ducruet, à l’origine de cette idée de collectif.
Ce que change ce modèle pour le secteur
Ce montage financier rompt avec le sponsoring traditionnel centré sur une ou quelques grandes marques. Il redistribue les risques et donne de la visibilité à un tissu d’entreprises locales et nationales. Pour les TPE/PME partenaires, l’avantage est double : une association à un événement à forte audience et une démarche de licensing de la marque « Ma Petite Entreprise », qui standardise l’offre de visibilité.
- Visibilité pour les petites structures : exposition télévisée et en course.
- Mutualisation des coûts de sponsoring : modèle collectif plutôt qu’un sponsor principal.
- Potentiel de développement commercial via la marque en licensing.
Conséquences pour les salariées, les équipes et les diffuseurs
Pour les coureuses, l’existence d’un financement diversifié peut offrir une stabilité financière supérieure aux modèles dépendant d’un unique interlocuteur. Mais il pose aussi des défis : coordination des attentes de centaines de partenaires, exigence de reporting et nécessité d’un marketing structuré pour créer de la valeur partagée.
Pour le secteur — teams managers, agences de communication, diffuseurs — ce format implique davantage d’intervention commerciale et de gestion des petits contrats. Les chaînes et organisateurs devront s’adapter à des formats de partenariat plus atomisés, tout en profitant d’un message attractif : l’implication du tissu entrepreneurial français dans le sport féminin.
Ambitions et calendrier
Les porteurs du projet envisagent la création d’un pôle masculin en 2027-2028 et visent, à terme, la présence de deux équipes (hommes et femmes) aux deux Tours en 2030. Le calendrier montre une volonté d’expansion rapide mais graduée, fondée sur l’augmentation du nombre de partenaires et la professionnalisation du modèle.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Année de création | 2024 |
| Engagement au Tour féminin | Début 2026 |
| Nombre de partenaires actuels | ~580 |
| Objectif de partenaires | 1 000 |
| Horizon pôle masculin | 2027-2028 |
| Ambition présence aux deux Tours | 2030 |
Au final, l’initiative interroge la manière dont le sport professionnel peut se financer aujourd’hui : en impliquant massivement des TPE/PME, Ma Petite Entreprise propose une voie alternative susceptible d’inspirer d’autres disciplines, à condition que la gouvernance et la captation de valeur pour les partenaires soient rigoureusement organisées.