Un cadre enrichi mais des résultats mitigés
La loi vietnamienne de soutien aux petites et moyennes entreprises, mise en œuvre depuis plus de huit ans, a permis d'édifier un cadre juridique plus complet autour des PME : décrets, circulaires et mesures touchant la fiscalité, le foncier, la formation, la transformation numérique et l'intégration aux chaînes de valeur. Pour autant, l'évaluation du ministère des Finances met en lumière des progrès contrastés et des verrous persistants, surtout en matière d'accès au financement.
Des chiffres qui éclairent les limites
Sur la période récente, des actions de formation et d'accompagnement ont atteint un public large : plus de 2,2 millions de personnes ont reçu des informations ou des formations liées à la transformation numérique, tandis que plus de 20 000 entreprises ont participé à des sessions de formation. L'accompagnement personnalisé concerne environ 5 000 entreprises et 500 sociétés ont été aidées pour la promotion commerciale et l'ouverture de marchés.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Part des prêts aux PME | 19–20 % du total des prêts en cours |
| Personnes formées (2021-2025) | 2,2 millions |
| Entreprises formées | 20 000 |
| Entreprises conseillées en profondeur | 5 000 |
Le crédit, point faible du dispositif
Le principal constat porte sur le financement : les prêts accordés aux PME restent cantonnés à 19–20 % du stock total de crédit de l'économie. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. De nombreuses PME présentent des fonds propres faibles, une activité volatile et une capacité limitée à construire des dossiers bancables. Les exigences de garanties demandées par les établissements de crédit constituent un obstacle fréquent, malgré des initiatives de prêts non garantis pour certains clients à bon historique.
Conséquences pour les entreprises et le tissu économique
À court terme, la difficulté d'accès au capital bride les ambitions d'investissement, freine la transformation numérique et limite la participation des PME aux chaînes de valeur internationales. Pour les salariés, cela se traduit par une moindre création d'emplois qualifiés et par une exposition plus forte aux aléas conjoncturels. Côté clients, la faiblesse d'investissement peut réduire l'innovation produit et la qualité des offres disponibles sur les marchés domestiques et étrangers.
Vers un mécanisme de soutien « ciblé »
Face à ces constats, la Fédération vietnamienne du commerce et de l'industrie propose d'ajouter à la loi un mécanisme de « soutien ciblé », visant à concentrer ressources et instruments sur les entreprises les plus prometteuses ou les plus fragiles selon des critères précis. L'objectif est d'améliorer l'efficacité des aides en les orientant vers des besoins concrets : construction de dossiers de financement, garanties partagées, accompagnement à la digitalisation et accès aux marchés.
- Renforcer les dispositifs de garantie et d'intermédiation pour alléger les exigences de collateral.
- Multiplier l'accompagnement technique pour rendre les PME bancables.
- Cibler les interventions sur les chaînes de valeur à fort potentiel d'export.
La réussite de cette réorientation dépendra de la capacité des autorités à piloter des instruments plus fins et des banques à adapter leurs modèles de gestion du risque. Sans cela, les améliorations juridiques risquent de ne pas se traduire en un accroissement significatif du crédit utile aux PME.