Un recul généralisé du marché du travail régional
La région Auvergne-Rhône-Alpes comptait 725 140 inscrits à France Travail au deuxième trimestre 2026, selon les données publiées par la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS). Sur le trimestre, le nombre d'inscrits augmente de +1 % (+7 430 personnes) et de +2,3 % sur un an (+16 260). Ces mouvements traduisent une dégradation continue du marché du travail régional au printemps.
Qui est concerné ?
Parmi les inscrits, 640 790 sont des demandeurs d'emploi tenus de rechercher un travail (catégories A, B, C) — un effectif en hausse de 2,7 % sur 12 mois. La catégorie A, qui correspond aux personnes sans emploi et immédiatement disponibles, recense 349 210 personnes, soit +2,9 % en un an (+9 770).
- Jeunes : les moins de 25 ans sont particulièrement affectés (+1,7 % sur le trimestre, +6,7 % sur un an).
- Départements : tous les départements voient le chômage augmenter depuis le trimestre précédent, sauf le Cantal (-0,4 %).
- Points chauds : l'Ain en tête sur le trimestre (+1,8 %), suivi du Rhône (+1,7 %), de l'Ardèche (+1,4 %) et de la Haute-Savoie (+1,4 %).
Variations départementales et tendances annuelles
Toutes les zones de la région sont touchées, mais l'intensité varie. Sur l'année écoulée, le Rhône affiche la hausse la plus marquée (+5,3 %), l'Ain progresse de +3,6 % et le Puy-de-Dôme de +3,3 %. Ces écarts soulignent des dynamiques locales distinctes entre secteurs d'activité, bassins d'emploi et réponses des acteurs publics et privés.
| Indicateur | Valeur | Variation |
|---|---|---|
| Inscrits totaux (France Travail) | 725 140 | +1 % (trimestre), +2,3 % (an) |
| Demandeurs A, B, C | 640 790 | +2,7 % (12 mois) |
| Catégorie A (sans emploi) | 349 210 | +2,9 % (an) |
| Jeunes <25 ans | — | +1,7 % (trim), +6,7 % (an) |
Ce que cela change pour les actifs et les employeurs
La progression des inscrits manifeste un regain de tension sur l'accès à l'emploi pour plusieurs publics. Pour les jeunes, une hausse annuelle de 6,7 % accroît le risque d'entrée tardive sur le marché du travail, avec des conséquences possibles sur la trajectoire salariale et l'expérience. Pour les employeurs, une augmentation généralisée du chômage peut paradoxalement coexister avec des difficultés de recrutement sur certains métiers : cela renforce la nécessité d'adapter l'offre de formation, les dispositifs d'accompagnement et les politiques de montée en compétences.
Enjeux pour les politiques publiques
La dispersion des évolutions départementales exige des réponses ciblées. Les chiffres plaident pour :
- des actions renforcées vers les jeunes (formation, dispositifs d'insertion) ;
- un pilotage fin des aides à la mobilité et des mesures vers les secteurs en tension ;
- une coordination entre acteurs (Pôle emploi/France Travail, collectivités, branches professionnelles) pour transformer l'augmentation des inscrits en parcours de retour à l'emploi.
Ces données régionales, issues de la DREETS, fournissent un état des lieux nécessaire à la préparation de la rentrée sociale et économique : elles montrent que la reprise du marché du travail n'est pas uniforme et que des populations restent fragilisées.