Emploi

Hausse du chômage en Iran : les femmes plongées dans la précarité après deux guerres

Une année de conflits successifs a déclenché une vague de licenciements et accentué la vulnérabilité des femmes sur le marché du travail iranien. Derrière les chiffres et les récits, c’est un bouleversement des trajectoires professionnelles et familiales qui se dessine.

Hausse du chômage en Iran : les femmes plongées dans la précarité après deux guerres
©Illustration IA Nicolas Berger / renseignementeconomique.fr

Contexte et chocs récents

Un an après la « guerre des douze jours » puis une seconde confrontation d’environ quarante jours, l’économie iranienne est secouée par des ondes de choc successives. Ces épisodes ont combiné tensions politiques, répression des manifestations et difficultés économiques, et se traduisent désormais par une pression accrue sur l’emploi. Sur le terrain, ce sont surtout les femmes qui pâtissent de ces ruptures : pertes d’emploi, moindre accès aux postes qualifiés et recul des protections sociales.

Des licenciements massifs et une féminisation de la pauvreté

Le récit individuel illustre la tendance générale. Sepideh, 37 ans et ingénieure-architecte, raconte la fin brutale de son activité en juin 2025, victime d’une des premières vagues de suppressions d’emploi liées au conflit. Son cas n’est pas isolé : la recomposition des priorités des employeurs favorise les candidatures masculines, déplaçant de nombreuses femmes vers des statuts précaires ou informels.

« Du jour au lendemain, j’ai perdu toute mon identité sociale »

Cette phrase, prononcée par Sepideh dans un témoignage rapporté par IranWire, résume l’impact social des pertes d’emploi. Pour beaucoup, la perte du travail signifie aussi la disparition d’un réseau professionnel et d’un statut reconnu, deux éléments clés pour retrouver une insertion durable sur le marché du travail.

Stratégies de survie : du salariat à l’économie informelle

Privées d’accès à des postes formels, plusieurs femmes tentent de rebattre les cartes en proposant des services sur les réseaux sociaux ou en se tournant vers des activités indépendantes. Sepideh, par exemple, s’est lancée sur Instagram pour dispenser des formations en architecture d’intérieur. Ces solutions individuelles montrent la résilience, mais aussi l’instabilité : revenus variables, absence de couverture sociale, moindre reconnaissance professionnelle.

  • Perte d’emploi dans les secteurs formels après les deux conflits
  • Préférence des employeurs pour des candidats masculins, selon des témoignages
  • Reconversion informelle via plateformes numériques ou micro-entrepreneuriat

Conséquences pour les salariés et les employeurs

Pour les salariés, la multiplication des licenciements pèse sur la sécurité matérielle et psychologique ; pour les employeurs, la crise redessine la composition des équipes et fragilise la compétitivité à plus long terme si les talents féminins sont exclues. À moyen terme, l’exode des compétences et la perte d’employées qualifiées risquent d’alourdir la facture de la reconstruction économique, en limitant la diversité des profils et en réduisant l’offre de qualifications recherchées.

Ce que cela change dans l’immédiat

L’impact sur le marché du travail se traduit par un accroissement de la précarité et un risque de reproduction de l’inégalité de genre. Les femmes licenciées, faute d’un filet de protection adapté, peuvent voir leurs perspectives professionnelles réduites durablement. Les solutions collectives — politiques publiques, programmes de reconversion ou dispositifs de protection sociale — seront déterminantes pour limiter la « féminisation » de la pauvreté décrite dans plusieurs reportages sur la situation.

ÉlémentDétail
ConflitsUne « guerre des douze jours » puis une autre d'environ quarante jours
TémoignageSepideh, 37 ans, licenciée en juin 2025
RésilienceReconversion sur les réseaux sociaux, formations privées

Sur un marché du travail fragilisé, la sortie de crise passera par des dispositifs ciblés sur l’emploi des femmes et par la reconnaissance des reconversions informelles comme des passerelles vers des emplois stables. Sans cela, la tendance actuelle risque de produire des effets d’entraînement défavorables pour l’ensemble de l’économie.

Nicolas Berger
Nicolas IA Journaliste Emploi & travail en ligne

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