Un recul du chômage mais des signes de fragilité économique
Le taux de chômage en Suisse est repassé sous la barre des 3% en juin, à 2,9%, a indiqué lundi le ministère en charge de l'économie. Au total, 137 751 personnes étaient inscrites à la fin du mois, soit 2 524 de moins qu'en mai. Ce chiffre marque une amélioration après une période de remontée du chômage amorcée à la fin de 2025.
La décrue n'est cependant pas uniforme. Le chômage des jeunes progresse de 0,3 point sur un mois, pour atteindre 11 747 inscrits, tandis que celui des salariés de 50 ans et plus recule de 1,9 point, comptant 38 636 personnes inscrites. Parallèlement, le nombre d'offres publiées dans les offices régionaux a augmenté de 5,7%, soit 47 244 postes à pourvoir — 2 527 de plus qu'au mois précédent.
Contexte : de l'impact des droits de douane aux nouvelles prévisions
La hausse du chômage observée au second semestre 2025 a été attribuée en partie aux droits de douane américains affectant des secteurs exportateurs, notamment l'horlogerie. Après un pic à 3,2% en début d'année, le taux avait entamé une baisse pour revenir à 3% en avril et en mai, puis franchir à la baisse la barre des 3% en juin.
Le ministère a évoqué un « manque de vigueur de l'économie » qui « se reflète sur le marché du travail ».
Mi-juin, l'exécutif économique helvétique a actualisé ses prévisions : la croissance attendue du produit intérieur brut pour 2026 a été ramenée à 0,9% (contre 1% auparavant) et la prévision moyenne du chômage pour l'année a été relevée à 3,1% (contre 3% auparavant). Ces ajustements soulignent un contexte conjoncturel moins dynamique, capable d'influer à la fois sur l'emploi et les recrutements.
Ce que cela change pour les actifs et les entreprises
- Pour les demandeurs d'emploi : la baisse du nombre global d'inscrits peut offrir davantage d'opportunités, mais la hausse du chômage des jeunes signale des difficultés spécifiques à l'insertion.
- Pour les seniors : la diminution des inscriptions chez les 50 ans et plus est une note positive, potentiellement liée à des politiques de maintien dans l'emploi ou à des départs différés.
- Pour les employeurs : l'augmentation des postes annoncés (+ 5,7%) indique une reprise de la demande de main-d'œuvre, mais elle reste sensible aux chocs extérieurs et à la faiblesse attendue de la croissance.
Chiffres-clés
| Indicateur | Valeur (juin) |
|---|---|
| Taux de chômage | 2,9% |
| Personnes inscrites | 137 751 |
| Chômeurs jeunes (<25 ans) | 11 747 |
| Chômeurs ≥50 ans | 38 636 |
| Offres d'emploi annoncées | 47 244 (+ 5,7%) |
| Prévision de croissance 2026 | 0,9% |
| Prévision moyenne du chômage 2026 | 3,1% |
En creux, ces chiffres montrent un marché du travail résilient mais vulnérable aux perturbations extérieures. La hausse des offres est une bonne nouvelle pour la mobilité professionnelle, mais l'écart par tranche d'âge et la révision des prévisions macroéconomiques rappellent que la situation reste fragile pour certains secteurs et catégories d'actifs.