Un caussement de deux facteurs soutient les actifs risqués, dont le Bitcoin
Le récent rapport sur l'inflation aux États-Unis et la lecture plus « calme » de l'économie ont modifié les attentes sur la trajectoire des taux de la Réserve fédérale. Cette évolution a immédiatement profité aux actifs sensibles au risque : le Bitcoin a grimpé jusqu'à 65 000 dollars, atteignant un sommet de trois semaines. Derrière ce mouvement, deux forces principales se combinent : un ralentissement anticipé de l'inflation et une probabilité fortement réduite d'une hausse de taux en juillet.
Plusieurs éléments expliquent pourquoi l'inflation devrait se modérer cet été, selon l'économiste en chef de Wolfe Research, Stephanie Roth. D'abord, les effets ponctuels qui avaient poussé les prix à la hausse — comme certains ajustements liés aux surtaxes douanières — montrent des signes d'atténuation. Ensuite, l'impact de l'intégration de l'intelligence artificielle dans les processus industriels pourrait, à terme, exercer une pression désinflationniste en abaissant les coûts et en augmentant la productivité des entreprises.
« Une réduction des taux restait improbable cette année, sauf si le marché du travail se détériorait de manière significative. »
Cette phrase rapportée illustre le changement d'anticipations : la communauté financière a fortement revu à la baisse la probabilité d'une hausse des taux à court terme. La plateforme de prédiction Polymarket estime désormais à 96 % la probabilité que la Fed n'augmente pas les taux en juillet, contre environ 60 % en début de semaine. Ce réajustement réduit la prime de risque exigée par les marchés et pèse sur les rendements obligataires, rendant les conditions financières plus accommodantes sans qu'il y ait nécessairement de baisse des taux officielle.
Comment ces évolutions soutiennent le Bitcoin et d'autres actifs
Le mécanisme est simple et bien connu des marchés : quand les investisseurs pensent que les taux resteront stables ou que la phase de resserrement est terminée, les rendements obligataires peuvent reculer. Des taux et des rendements réels plus faibles augmentent l'attractivité des actifs jugés risqués ou à rendement potentiel élevé, comme les actions ou les cryptomonnaies. Le Bitcoin, en particulier, réagit souvent à ces modifications des conditions de liquidité et d'appétit pour le risque.
Il est toutefois important de situer les chiffres : l'inflation sous-jacente demeure encore autour de 3 %, au-dessus de l'objectif de 2 % de la Fed. Autrement dit, si la pression sur les prix continue à persister, la marge de manœuvre de la Réserve fédérale reste limitée et les anticipations peuvent se renverser rapidement si le marché du travail ou l'activité économique surprennent à la hausse.
- Effet immédiat : baisse des rendements obligataires et hausse des actifs risqués, observée sur le Bitcoin à 65 000 $.
- Canal technologique : l'IA peut devenir désinflationniste à long terme en réduisant les coûts, mais cet effet est progressif.
- Risques : l'inflation sous-jacente à 3 % et la robustesse du marché du travail constituent des garde-fous qui peuvent amener la Fed à maintenir une politique stricte.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur citée | Contexte |
|---|---|---|
| Bitcoin (BTC) | 65 000 $ | Sommet de trois semaines après le rapport sur l'inflation |
| Probabilité Polymarket (pas de hausse en juillet) | 96 % | Recul significatif depuis le début de la semaine (~60 %) |
| Inflation sous-jacente | ~3 % | Au-dessus de l'objectif de la Fed (2 %) |
Pour les investisseurs et les acteurs économiques, la leçon est double : d'une part, la disparition de pressions inflationnistes temporaires et l'amélioration des perspectives de liquidité favorisent les actifs risqués ; d'autre part, la situation reste fragile tant que l'inflation de base n'est pas clairement revenue vers 2 % et que le marché du travail reste solide. En pratique, cela signifie que les mouvements comme la hausse du Bitcoin peuvent se poursuivre, mais avec une sensibilité accrue aux nouveaux indicateurs macroéconomiques et aux décisions — réelles ou anticipées — de la Fed.
Sur un horizon plus long, l'effet désinflationniste potentiel de l'IA mérite d'être surveillé : si la technologie permet effectivement des gains de productivité significatifs, elle pourrait contribuer à une baisse durable des pressions sur les prix, modifiant la dynamique entre marchés financiers et politique monétaire. Pour l'heure, c'est l'évolution des données à court terme qui dicte la trajectoire des actifs risqués.