Le taux du Livret A passera de 1,5 % à 1,7 % le 1er août 2026, a confirmé la décision validée par le ministre de l'Économie Roland Lescure sur recommandation du gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin. Il s'agit de la première hausse du rendement du produit d'épargne réglementé depuis février 2023.
Ce que change cette hausse pour l'épargnant
Sur le plan pratique, la progression de 0,2 point augmente légèrement la rémunération des livrets A et LDDS. Pourtant, face à une inflation proche de 2 % sur l'année — et une inflation mesurée à 1,8 % en juin selon l'Insee — le rendement réel du Livret A reste négatif : les gains n'effacent pas la hausse des prix.
- Livret A : passage de 1,5 % à 1,7 % au 1er août 2026.
- LDDS : taux qui suit mécaniquement le Livret A.
- LEP : maintenu à 2,5 %, niveau protecteur pour les ménages modestes.
Un mouvement poussé par l'inflation et les taux courts
La formule de calcul du Livret A combine la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac et l'évolution du taux interbancaire €STR. Depuis le printemps, la remontée des prix, notamment sous l'effet du renchérissement de l'énergie lié aux tensions internationales, a fait basculer la moyenne utilisée pour la révision. La hausse annoncée n'est donc pas le fruit d'un arbitrage politique isolé mais du mécanisme automatique prévu par la réglementation.
Une trajectoire qui n'inverse pas l'érosion de l'attractivité
Le Livret A a connu une longue séquence de baisse depuis 2024 : après un sommet à 3 % début 2025, le taux a chuté en plusieurs étapes jusqu'à 1,5 % en février 2026. Cette érosion a encouragé une sortie de fonds importante : selon la Caisse des Dépôts, plus de 5 milliards d'euros ont été retirés des Livrets A et LDDS depuis janvier 2026.
| Période | Taux du Livret A |
|---|---|
| Janvier 2025 | 3,0 % |
| Août 2025 | 2,4 % |
| Février 2026 | 1,7 % |
| 1er février 2026 → avant mesure | 1,5 % |
| 1er août 2026 | 1,7 % |
Quelle portée pour l'épargne des ménages ?
Concrètement, pour un plafond de dépôt de 22 950 €, un Livret A à 1,7 % rapporte environ 390 € d'intérêts annuels. Avec une inflation annuelle prévue à 2 %, il faudrait entre 413 € et 459 € d'intérêts pour préserver le pouvoir d'achat de ce capital. Autrement dit, même après la hausse, le Livret A ne suffit pas à compenser entièrement la hausse des prix.
La situation présente une double conséquence : d'une part, le Livret A demeure une poche de liquidité sûre et défiscalisée pour de nombreux ménages ; d'autre part, son rendement réel négatif incite certains épargnants à chercher des placements plus rémunérateurs, parfois moins liquides ou plus risqués. Le maintien du LEP à 2,5 % conserve une protection pour les foyers les plus modestes.
Enjeux et perspectives
La hausse annoncée illustre la sensibilité du système d'épargne réglementée aux fluctuations des prix et des taux. Si l'inflation venait à se renforcer, cela pourrait encore pousser les taux réglementés à la hausse lors des prochaines révisions semestrielles. À l'inverse, une détente des prix et des taux interbancaires limiterait toute nouvelle progression.
Pour l'instant, la décision du 1er août apporte un léger soulagement aux détenteurs de livrets, sans restaurer le pouvoir d'achat de leur épargne.