Jean‑Hugues Ratenon a présenté à Paris une proposition de loi visant à instaurer un Dispositif ultramarin d'emploi durable, formule qu'il décrit comme une réponse structurelle au chômage de masse dans les territoires ultramarins. L'initiative, annoncée le 5 juillet, s'inscrit dans une démarche qui revendique le passage d'une politique de « gestion » du chômage à une stratégie de création d'emplois durables.
Un objectif : casser le cercle de la précarité
Selon le député, les Outre‑mer souffrent depuis des décennies d'un taux de chômage et d'une précarité qui ne se comparent pas à ceux de l'Hexagone. Le constat est simple : les collectivités, associations et services rendus aux populations s'appuient souvent sur des personnels en situation précaire. La proposition vise à rompre ce mécanisme en proposant un cadre législatif qui permette la construction de parcours professionnels stables, plutôt que l'enchaînement de contrats aidés et de périodes de chômage.
« L'idée est simple : sortir enfin de cette logique où l'on gère le chômage au lieu de le combattre. »
Le propos met en lumière la critique portée à l'encontre des dispositifs antérieurs : si certains contrats aidés ont servi de tremplin, ils n'ont pas suffi à résoudre la question d'un emploi pérenne pour de nombreux bénéficiaires.
Ce que propose le texte
Parmi les éléments annoncés dans les grandes lignes :
- la création d'un Dispositif ultramarin d'emploi durable destiné spécifiquement aux réalités des territoires ultramarins ;
- la volonté d'encadrer les parcours pour transformer des emplois subventionnés en emplois stables ;
- l'appui sur le principe du droit opposable à l'emploi, revendiqué par La France insoumise et ancré dans le débat constitutionnel évoqué par le député.
Le texte doit aussi répondre à une double problématique : préserver l'existence de services locaux (écoles, culture, accompagnement social) tout en améliorant la sécurité d'emploi des personnels qui les assurent.
Conséquences pour salariés, demandeurs d'emploi et employeurs
Pour les personnes concernées, l'enjeu est clair : transformer des contrats temporaires en perspectives de carrière. Pour les employeurs locaux — collectivités et associations —, la mesure promet un soutien plus structuré, mais implique aussi une redéfinition des modèles de financement et de gestion des ressources humaines. Enfin, sur le plan politique, l'inscription du droit opposable à l'emploi au cœur du discours relance le débat national sur la responsabilité de l'État face au chômage structurel dans ses territoires d'outre‑mer.
Les limites et questions en suspens
Le député reconnaît la valeur historique des contrats aidés qui ont permis d'assurer des services essentiels, mais il souligne leur inefficacité pour assurer une insertion durable. Reste à savoir comment sera financé le dispositif proposé, comment seront construits les parcours vers l'emploi durable et quelles garanties concrètes seront offertes aux employeurs locaux pour maintenir les services publics et associatifs.
| Point | Objectif annoncé |
|---|---|
| Dispositif ultramarin d'emploi durable | Répondre au chômage structurel en Outre‑mer par des emplois d'insertion durables |
| Droit opposable à l'emploi | Encadrer la responsabilité publique pour proposer des parcours vers l'emploi |
La proposition, telle que présentée, arrive au moment où la question de l'emploi dans les Outre‑mer est régulièrement mise en avant dans les débats nationaux. Sa traduction concrète dépendra désormais des discussions parlementaires, du soutien d'autres groupes politiques et des arbitrages budgétaires. Pour les salariés et les chercheurs d'emploi, l'attente porte sur des réponses opérationnelles : garanties de pérennité des postes, dispositifs de formation intégrés, et articulation claire entre financeurs publics et employeurs locaux.
Ce texte relance enfin un questionnement plus large : faut‑il continuer à multiplier des mesures temporaires pour répondre à l'urgence sociale, ou bien piloter des politiques d'emploi structurantes, adaptées aux territoires, qui visent à rendre durable ce qui aujourd'hui reste précaire ?