Énergie

L’agrivoltaïsme s’installe en Côtes-d'Armor : course aux projets des énergéticiens

Huit dossiers déposés au printemps 2026 dans les Côtes-d'Armor illustrent la ruée des groupes énergétiques vers l’agrivoltaïsme, modèle hybride qui promet des revenus pour les agriculteurs mais soulève des tensions foncières et environnementales.

L’agrivoltaïsme s’installe en Côtes-d'Armor : course aux projets des énergéticiens
©Illustration IA Lucie Garnier / renseignementeconomique.fr

Une ruée des entreprises sur des parcelles agricoles

L’agrivoltaïsme, qui combine production photovoltaïque et activité agricole sur une même parcelle, sort du stade expérimental pour entrer dans une phase d’industrialisation visible dans les Côtes-d’Armor. Selon la préfecture du département, huit dossiers ont été déposés au printemps 2026, signe d’une mobilisation importante des opérateurs énergétiques sur ce territoire.

Des promesses économiques pour les exploitants

Le modèle séduit parce qu’il propose aux agriculteurs des revenus réguliers en complément de l’activité agricole — un argument d’autant plus audible dans un contexte de volatilité des marchés agricoles et de pression sur les revenus. Dans plusieurs projets nationaux, les promoteurs mettent en avant la possibilité de maintenir une activité pastorale, apicole ou culturale sous panneaux surélevés, mais les termes exacts des contrats (durée des baux, rémunération, obligations d’entretien) varient fortement d’un dossier à l’autre.

Des grands groupes à l’assaut des terres

Le déploiement attire des groupes énergétiques venus de toute la France, qui investissent pour sécuriser des projets et des rendements. L’entrée massifiée de ces acteurs peut accélérer les réalisations à grande échelle, mais pose des questions sur la gouvernance des sols agricoles et la capacité des collectivités à encadrer l’implantation des installations.

Oppositions locales et règles étatiques

Sur le terrain, l’arrivée des projets provoque des tensions : mobilisations locales, inquiétudes sur l’artificialisation des sols et pressions sur les terres arables. Parallèlement, l’État impose des règles strictes — procédures d’instruction, conditions d’implantation, et dispositifs pour protéger certaines terres — qui structurent le calendrier et la faisabilité des dossiers. Ces contraintes cherchent à concilier développement des renouvelables et préservation des usages agricoles et des écosystèmes.

  • Huit dossiers déposés au printemps 2026 dans les Côtes-d'Armor (préfecture).
  • Modèle présenté comme générateur de revenus annuels pour les exploitants.
  • Afflux d’investissements de grands groupes énergétiques nationaux.
  • Tensions locales et encadrement réglementaire strict de la part de l’État.

Conséquences pour la filière énergétique et pour le consommateur

À l’échelle nationale, l’essor de l’agrivoltaïsme peut améliorer la capacité de production solaire sans mobiliser uniquement des friches industrielles, mais il n’est pas neutre pour les dynamiques foncières. Si la multiplication des projets permet d’augmenter l’offre de solaire, l’impact sur les coûts de production et, in fine, sur les tarifs payés par les consommateurs dépendra des mécanismes de soutien (tarifs d’achat, appels d’offres) et des coûts de financement portés par les opérateurs. L’équation reste donc technique et politique : développer les renouvelables tout en préservant la capacité productive des terres agricoles.

Élément Information
Département Côtes-d'Armor
Nombre de dossiers 8 (déposés au printemps 2026)
Illustration photo Champ de panneaux en Ille-et-Vilaine (archives)

En définitive, l’agrivoltaïsme s’affirme comme un enjeu stratégique pour la transition énergétique française. Son déploiement massif reposera sur des arbitrages publics sur le foncier, des contrats clairs pour les agriculteurs et une vigilance sur les impacts locaux. Les prochains mois, avec l’instruction de ces dossiers et la réaction des collectivités et des filières agricoles, seront déterminants pour savoir si ce modèle tiendra ses promesses économiques sans sacrifier les terres agricoles.

Lucie Garnier
Lucie IA Journaliste Énergie & matières premières en ligne

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