Le ministre de l'Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a accueilli dimanche une délégation de la société argentine INVAP, dirigée par Dario Guissi, pour renforcer une coopération de longue date portant sur l'usage médical de l'énergie nucléaire. L'entretien fait suite à plusieurs projets déjà menés en commun par le Commissariat à l'énergie atomique (COMENA) et la firme argentine.
Un projet industriel centré sur Draria
Au cœur des discussions se trouve la réalisation, dans la commune de Draria (Alger), d'une unité destinée à la production de radio‑isotopes. Ces substances sont utilisées comme traceurs en imagerie médicale et comme agents en radiothérapie pour cibler des cellules cancéreuses. Le ministre a insisté sur la nécessité d'« accélérer la réalisation de l'unité de Draria » et de respecter les délais, tout en assurant un suivi périodique du projet.
Pourquoi cela compte
Produire localement des radio‑isotopes permettrait de réduire la dépendance aux importations et d'assurer une meilleure disponibilité pour les hôpitaux et centres de soin. Les radio‑isotopes ont des durées de vie souvent courtes, ce qui rend la proximité de production critique pour la continuité des traitements et des examens. La coopération technique avec INVAP, entreprise spécialisée dans les technologies nucléaires médicales, vise à transférer un savoir‑faire et à consolider des capacités industrielles nationales via le COMENA.
- Acteurs : Mourad Adjal (ministère), INVAP (société argentine), COMENA.
- Objet : construction d'une unité de production de radio‑isotopes à Draria.
- Enjeux : souveraineté sanitaire, réduction des délais d'approvisionnement, montée en compétence industrielle.
« les bonnes relations » unissant l’Algérie et l’Argentine
Modalités et perspectives
Le communiqué ministériel souligne l'historique de collaboration — près de quarante années de partenariat selon les acteurs — et la volonté d'élargir ce cadre pour tirer parti de l'expertise argentine. INVAP s'est dite satisfaite du bilan de la coopération et attentive aux propositions algériennes pour aller plus loin, notamment sur la production locale de radio‑isotopes.
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| COMENA | Partenaire national, coordination scientifique |
| INVAP | Fournisseur d'expertise et technologie nucléaire médicale |
| Ministère de l'Énergie | Pilotage du projet et suivi des délais |
Reste à suivre le calendrier précis des travaux et les modalités du transfert technologique. L'accent mis sur le respect des délais et le suivi périodique indique une volonté gouvernementale d'éviter les retards fréquents dans les grands projets techniques. Si l'unité de Draria voit le jour dans les temps, l'Algérie pourrait améliorer sensiblement l'accessibilité des examens et traitements nucléaires pour sa population, tout en développant une filière industrielle à forte valeur ajoutée.
La coopération illustre en outre un volet moins visible de la diplomatie énergétique : au‑delà des ressources fossiles et des grands réacteurs, les technologies nucléaires à usage médical constituent un terrain d'échanges internationaux où compétences et équipements se négocient au service de la santé publique.