Un reflux modéré des prix, insuffisant face aux objectifs de la Banque centrale
Selon l'Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS), l'inflation annuelle dans les villes égyptiennes a reculé à 14,3 % en juin 2026, contre 14,6 % en mai. Il s'agit du troisième mois consécutif de baisse, mais le niveau demeure largement supérieur à la cible affichée par la Banque centrale, qui vise un taux moyen compris entre 7 % et 9 % au quatrième trimestre 2026.
Quels postes ont pesé sur la décélération ?
Le glissement mensuel de l'indice des prix à la consommation s'est traduit par une diminution de 0,9 % entre mai et juin, l'indice général atteignant 289,5 points. Ce ralentissement s'explique principalement par la chute des prix de plusieurs denrées alimentaires :
- Viandes et volailles : -6,4 %
- Produits laitiers, fromages et œufs : -2,4 %
- Légumes : -12,1 %
Parallèlement, d'autres catégories ont progressé en juin, en particulier les produits à forte incidence sur le budget des ménages :
- Céréales et pain : +0,6 %
- Poissons et fruits de mer : +0,1 %
- Huiles et matières grasses : +0,5 %
- Fruits : +3,5 %
Échelle nationale et pression sur les coûts de l'énergie
À l'échelle de l'ensemble du pays, le taux d'inflation annuel était de 12,2 % en juin, contre 13 % en mai (et 13,4 % en avril, 13,5 % en mars). Ce tassement masque toutefois des tensions persistantes sur certains postes : depuis le début du conflit régional, le gouvernement a relevé les tarifs de l'énergie et des services, contribuant à maintenir une inflation structurellement élevée.
| Indicateur | Mai 2026 | Juin 2026 |
|---|---|---|
| Inflation — villes | 14,6 % | 14,3 % |
| Inflation — national | 13,0 % | 12,2 % |
| Indice général (points) | — | 289,5 (-0,9 % vs mai) |
Mesures ayant alimenté la hausse des coûts
Pour compenser une facture énergétique importée plus lourde, les autorités ont procédé à plusieurs hausses tarifaires : augmentation des prix des carburants et du gaz dans une fourchette comprise entre 14 % et 30 %, relèvement des tarifs de télécommunications jusqu'à 15 % et hausse du prix du gaz naturel pour certaines industries énergivores. Ces ajustements pèsent sur les coûts de production et sur les prix à la consommation, limitant la portée du recul observé en juin.
Conséquences pour les ménages et la politique monétaire
Pour les ménages, la décrue de l'inflation liée aux denrées périssables (viandes, produits laitiers, légumes) compense partiellement l'impact des hausses sur l'énergie et les services. Mais tant que ces derniers restent orientés à la hausse, le pouvoir d'achat restera sous pression pour une large partie de la population.
Sur le plan macroéconomique, la Banque centrale doit concilier la nécessité d'ancrer les anticipations inflationnistes et celle de soutenir une économie déjà fragilisée par la hausse du coût des importations énergétiques. Le niveau actuel de l'inflation, supérieur à la fourchette cible, rend cette « ardoise » de décisions monétaires et budgétaires délicate à gérer.
À retenir
- L'inflation dans les villes égyptiennes recule à 14,3 % en juin, troisième mois consécutif de baisse.
- La décrue est portée par la baisse des prix de plusieurs produits alimentaires, mais compensée par la hausse des coûts de l'énergie et des services.
- Au niveau national, l'inflation reste élevée (12,2 % en juin), bien au‑dessous des objectifs de la Banque centrale pour la fin 2026.