Un rebond annuel porté par l'énergie
L'Institut national de la statistique a confirmé jeudi une inflation de 3,1 % sur un an pour le mois de septembre en France, un niveau révisé de +0,1 point par rapport à l'estimation provisoire publiée fin septembre et le plus élevé depuis janvier 2024. Sur un plan mensuel, les prix ont reculé de 0,3 % en septembre, après +0,7 % en août, en grande partie en raison du moindre impact saisonnier sur les services liés au tourisme et aux transports.
Les carburants en première ligne
Ce retour de l'inflation annuelle tient principalement à la flambée des prix de l'énergie. Les tarifs ont progressé de 21,3 % sur un an, contre +16,7 % en août. Les produits pétroliers enregistrent une hausse massive qui alimente les tensions ressenties quotidiennement par les ménages.
- Produits pétroliers : +36,2 % sur un an (après +28,7 % en août).
- Gazole : +44,1 % (après +36,4 %).
- Essence : +25,7 % (après +19,1 %).
- Combustibles liquides : +64,6 % (après +47,8 %).
Autres postes : services et alimentation
Les services ont aussi accéléré sur un an, à +2,4 % en septembre contre +1,9 % le mois précédent. Parmi eux, les transports ont particulièrement flambé : les services de transport progressent de 5,1 % (dont les prix de l'avion, en hausse de 10 % après +1,7 %).
Les prix du gaz ont augmenté de 19,0 % (contre +14,3 % en août), tandis que la hausse de l'électricité reste limitée à +1,4 % (après +1,1 %).
Du côté de l'alimentation, la hausse est contenue mais positive : +1,4 % sur un an, contre +1,1 % en août. Les produits manufacturés continuent, eux, d'afficher une évolution négative à court terme : -0,3 % en septembre après -0,4 % en août.
Inflation sous-jacente et signaux pour les politiques publiques
L'inflation sous-jacente, qui exclut les éléments les plus volatils comme l'énergie, se situe à +1,5 % en septembre. Ce chiffre indique que, en dehors du choc énergétique, la dynamique des prix reste modérée mais non négligeable, en particulier dans les services.
| Poste | Variation annuelle (septembre) | Variation en août (référence) |
|---|---|---|
| Inflation globale | +3,1 % | (est. provisoire révisée : +0,1 point) |
| Énergie | +21,3 % | +16,7 % |
| Produits pétroliers | +36,2 % | +28,7 % |
| Inflation sous-jacente | +1,5 % | — |
Conséquences concrètes pour les ménages et l'économie
La hausse marquée des carburants pèse directement sur le pouvoir d'achat des foyers, en particulier ceux dépendant de la voiture pour le travail ou la vie quotidienne. Même si l'inflation mensuelle recule (effet saisonnier), le renchérissement énergétique se traduit par des factures et un coût des déplacements plus lourds. Les services de transport, eux aussi en hausse, augmentent le coût des vacances et des déplacements professionnels.
Pour les décideurs, le défi consiste à distinguer ce qui relève d'un choc externe et temporaire — ici l'énergie — de pressions plus durables dans l'économie. La modération de l'inflation sous-jacente limite le risque d'une inflation généralisée, mais la sensibilité des ménages aux prix à la pompe pourrait peser sur la consommation et, à terme, sur la croissance.
En l'état, la confirmation de ce niveau d'inflation mettra la question des politiques tarifaires énergétiques, des aides ciblées et de la trajectoire des taux d'intérêt au cœur des prochains arbitrages publics et économiques.