Un rebond des dépôts de dossiers de surendettement
La Banque de France a enregistré 13 169 dossiers de surendettement en septembre 2026, soit une augmentation de +10,5 % par rapport à septembre 2025. Sur les neuf premiers mois de l’année, le total des dépôts atteint 121 571 dossiers, en hausse de +11,0 %. Sur les douze mois allant d’octobre 2025 à septembre 2026, ce sont 160 021 dossiers qui ont été déposés, une progression de +12,0 % par rapport aux douze mois précédents.
Le FICP grimpe mais ne reflète pas l’ensemble des engagements
Parallèlement, le fichier national des incidents de remboursement des crédits (FICP) a vu son effectif croître : en septembre, 84 769 personnes étaient inscrites, une hausse de +10,4 % sur un an. Ce double mouvement — davantage de dépôts de dossiers de surendettement et plus d’inscrits au FICP — témoigne d’une dégradation nette des difficultés de paiement des ménages.
- 13 169 dossiers déposés en septembre 2026 (+10,5 %).
- 121 571 dépôts sur les neuf premiers mois (+11,0 %).
- 160 021 dossiers sur 12 mois (oct.2025–sept.2026, +12,0 %).
- 84 769 personnes inscrites au FICP en septembre (+10,4 %).
Limites du FICP et responsabilités des prêteurs
Le FICP recense les incidents de paiement avérés : impayés et mesures de traitement du surendettement. Il ne mentionne en revanche pas les crédits remboursés régulièrement ni l’ensemble des encours contractés par un particulier. La conséquence est directe pour les acteurs du crédit : un dossier sans inscription au FICP n’exonère pas le prêteur de sa responsabilité. La loi impose au créditeur de vérifier les ressources et la capacité de remboursement du demandeur ; à défaut, il s’expose à perdre une partie ou la totalité des intérêts qu’il prétendait percevoir.
Un registre des crédits qui n’a pas vu le jour
Un projet de registre national des crédits aux particuliers figurait dans la loi consommation de 2014 ; il visait à inventorier tous les crédits en cours. Le Conseil constitutionnel a toutefois censuré cette disposition le 13 mars 2014, estimant qu’elle portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée. Le résultat est aujourd’hui tangible : les prêteurs n’ont pas accès à une vue centralisée des encours, ce qui complique l’appréciation du risque client.
Conséquences pour les ménages et le secteur financier
Pour les ménages, la hausse des dépôts de dossiers et des inscriptions au FICP illustre une fragilisation croissante : tensions sur le pouvoir d’achat, accumulation de crédits ou incidents ponctuels peuvent conduire à une procédure de surendettement. Pour les établissements prêteurs et les courtiers, ces chiffres rappellent l’impératif de vigilance : l’absence d’une base exhaustive des crédits renforce la nécessité d’un contrôle renforcé des revenus et d’un examen attentif des situations individuelles avant tout nouvel engagement.
| Période | Nombre de dossiers / personnes | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Septembre 2026 | 13 169 dossiers | +10,5 % |
| 9 premiers mois 2026 | 121 571 dépôts | +11,0 % |
| Oct.2025–Sept.2026 | 160 021 dossiers | +12,0 % |
| Inscriptions FICP (sept.) | 84 769 personnes | +10,4 % |
Ces chiffres, publiés par la Banque de France dans son baromètre de l’inclusion financière, appellent une attention soutenue des pouvoirs publics et des professionnels du crédit, tant pour prévenir la montée des impayés que pour adapter les outils de prévention et d’accompagnement des ménages en difficulté.