La Banque de France a publié samedi un communiqué visant à couper court à une polémique née d'une accusation publique selon laquelle elle aurait revendu une partie de la dette française qu'elle détient. L'institution dément formellement toute opération de revente organisée sur les marchés et précise le contour de son programme de détention.
Une accusation relayée par un parlementaire influent
La controverse a pris de l'ampleur après la diffusion sur X d'une vidéo et d'un texte d'Eric Coquerel (LFI), président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, qui mettait en cause la Banque de France et son gouverneur. Le parlementaire s'appuyait sur une comparaison chiffrée entre deux dates pour suggérer une diminution importante du portefeuille de titres publics détenus par l'institution, insinuant qu'une part avait été «revendue» sur les marchés.
La Banque de France clarifie sa position
Dans son communiqué, la Banque de France explique que la baisse observée dans le stock de dette détenue est liée aux modalités techniques et à la nature de son portefeuille, et non à une politique de sortie visant à réintroduire massivement ces titres sur le marché. L'établissement souligne que des «polémiques et des fausses informations» circulent et qu'il est nécessaire d'apporter des précisions sur son dispositif.
«Suite aux polémiques et aux fausses informations circulant sur les réseaux sociaux, la Banque de France souhaite apporter des précisions sur son programme de détention de la dette publique.»
Les chiffres cités restent au cœur du débat
Dans sa vidéo, Eric Coquerel faisait état de montants qui ont été largement repris : 488 milliards d'euros fin juin contre 546 milliards d'euros fin 2025, soit un écart de 58 milliards. La Banque de France affirme que cette variation s'explique par des facteurs comptables et de gestion du portefeuille et non par une opération de revente active.
| Période | Stock de dette détenue |
|---|---|
| Fin 2025 | 546 milliards € |
| Fin juin (année en cours) | 488 milliards € |
| Différence | 58 milliards € |
Enjeux pour les marchés et le débat public
Sur le plan financier, une annonce de revente massive par la Banque de France aurait des implications directes sur les conditions d'offre et de prix des titres souverains, et pourrait peser sur la perception du risque souverain. D'où la sensibilité de toute affirmation alléguant que la banque centrale remettrait des volumes significatifs sur le marché.
Politiquement, l'échange s'inscrit dans une période de fortes tensions entre des propositions de remaniement de la politique publique (notamment des idées d'annulation partielle de dette) et la nécessité affichée de préserver l'indépendance et la crédibilité de la banque centrale. Le gouverneur avait récemment qualifié l'annulation proposée par le candidat de certaines formations politiques d'«illégale, dangereuse et inutile», jugement qui a déclenché une réaction publique de la part d'Eric Coquerel.
Ce qu'il faut retenir
- La Banque de France nie toute revente organisée et systématique de la dette qu'elle détient.
- La variation chiffrée entre les deux dates citées est de 58 milliards d'euros, selon les chiffres évoqués publiquement.
- Le débat rappelle la fragilité de la confiance entre acteurs politiques et institution monétaire, et l'impact potentiel de rumeurs ou de communications incomplètes sur les marchés.
La Banque de France invite à la prudence et à la vérification des éléments avant toute diffusion alarmiste. Le rôle d'une banque centrale dans la détention de titres publics obéit à des règles techniques et à des objectifs de stabilité financière ; leur interprétation reste au cœur du débat politique. Comme toujours, la situation est susceptible d'évoluer et la performance passée ne préjuge pas des mouvements futurs sur les marchés de dette souveraine.