Un mouvement de grève pour contester un recrutement
Une grève de deux jours débute ce dimanche au sein de Radio France. L'action, décidée par une intersyndicale rassemblant la CFDT, la CGT, la FO, le SNJ, SUD et l'Unsa, vise le recrutement comme éditorialiste de Charles Sapin sur France Inter.
Le groupe public s'attend à des perturbations plus marquées lundi, journée qui comprend davantage d'émissions en direct, tandis que dimanche devrait être moins affecté en raison d'une programmation moins chargée.
Ce qui motive la colère des salariés
Les syndicats reprochent à la direction d'avoir embauché un responsable du magazine Valeurs actuelles, titre que les personnels estiment incompatible avec le «service public». Dans une motion adoptée le 2 septembre, les salariés ont exprimé leur "refus catégorique" de ce recrutement, pointant notamment des antécédents judiciaires et éditoriaux du magazine.
"refus catégorique"
Valeurs actuelles se définit comme un magazine conservateur et a été plusieurs fois condamné en justice, rappelle la direction syndicale. Les syndicats mettent aussi en évidence la présence, parmi les actionnaires, d'acteurs financiers jugés proches de l'extrême droite.
La personnalité au cœur de la polémique
Charles Sapin, ancien du Point, a pris cet été la fonction de directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles. Depuis le 30 août, il tient une chronique politique de quelques minutes le dimanche matin autour de 07h40 sur France Inter. La direction justifie son recrutement par la nécessité d'assurer le pluralisme à l'approche de la présidentielle.
Un mouvement soutenu par des personnalités
La contestation dépasse les seules organisations syndicales. Une tribune parue dans Le Parisien a réuni 300 personnalités — figures culturelles et intellectuelles — qui ont dénoncé le recrutement comme "révoltant". Parmi elles figurent des comédiennes, des artistes et une lauréate du prix Nobel de littérature.
Conséquences pour les salariés et l'antenne
La grève soulève deux questions concrètes pour le monde du travail dans les médias : la protection des rédactions face à des choix de recrutement pouvant affecter le climat interne, et l'impact opérationnel sur la continuité du service public radiophonique. Pour les auditeurs, elle risque d'entraîner des perturbations significatives lundi, tandis que les salariés cherchent à peser sur les décisions éditoriales de la direction.
- Durée du mouvement : 2 jours (début dimanche).
- Organisation : intersyndicale CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD, Unsa.
- Rassemblement : dimanche à 14h00 devant la Maison de la radio (Paris).
- Chronique : Charles Sapin sur France Inter depuis le 30 août, vers 07h40 le dimanche.
| Date | Événement |
|---|---|
| 30 août | Début de la chronique de Charles Sapin sur France Inter |
| 2 septembre | Motion des personnels exprimant leur opposition |
| Dimanche | Début de la grève et rassemblement à 14h00 |
Ce conflit illustre la tension entre la direction d'un grand groupe public qui invoque le pluralisme et des salariés inquiets pour l'identité et l'indépendance éditoriale de leurs antennes. À l'approche d'une échéance électorale majeure, ces choix de programmation pèsent aussi sur la crédibilité et la capacité du service public à rassembler un public diversifié sans rompre le lien de confiance avec ses équipes.