Un jalon industriel : le 12 septembre 2026, PTSC Marine Mechanical Services (PTSC M&C), filiale du groupe Petrovietnam, a chargé et mis à la mer quatre sous‑stations offshore destinées au parc Baltica 2, au large de la Pologne. Selon les communiqués, il s'agit de la première exportation vers l'Europe de produits éoliens offshore fabriqués au Vietnam, une étape qui illustre la montée en puissance d'acteurs asiatiques sur la chaîne d'approvisionnement des énergies renouvelables.
Ce que contient le projet
Baltica 2 est un parc éolien en mer développé par Ørsted et PGE. Les éléments fournis par les sources officielles du projet :
- Capacité totale : environ 1,5 GW ;
- Nombre d'éoliennes : 107 unités ;
- Sous‑stations offshore : 4 structures de 375 MW chacune, chargées d'agréger et d'exporter l'électricité vers la côte ;
- Mise en service attendue : à partir du quatrième trimestre 2027, pour alimenter quelque 2,4 millions de foyers polonais.
| Paramètre | Chiffre |
|---|---|
| Capacité totale | 1,5 GW |
| Éoliennes | 107 |
| Sous‑stations | 4 × 375 MW |
| Foyers alimentés (est.) | 2,4 millions |
| Mise en service prévue | T4 2027 |
Enjeux pour l'Europe et pour la filière
Ce transfert de production illustre plusieurs tendances qui intéressent les décideurs et les industriels français : la globalisation accrue des chaines d'approvisionnement de l'éolien offshore, la capacité d'entreprises non européennes à produire des composants lourds et techniques, et les défis logistiques liés au transport et à l'installation de structures massives en mer. Pour la France, qui développe elle‑même des projets offshore, ces évolutions pèsent sur la compétitivité industrielle, les calendriers de construction et potentiellement sur les coûts finaux de l'électricité injectée par ces parcs.
Conséquences pratiques
Concrètement :
- la diversification des fournisseurs peut réduire les risques de pénurie de composants mais intensifie la concurrence sur les prix ;
- la réussite logistique de PTSC M&C montre que des acteurs asiatiques peuvent répondre aux contraintes de grands projets européens, influant sur les stratégies d'achat des développeurs ;
- pour les consommateurs européens, une baisse potentielle des coûts d'approvisionnement en équipement pourrait, à terme, peser sur le coût actualisé des projets et donc sur les tarifs supportés par les ménages, mais cet effet reste dépendant de nombreux facteurs (financement, coûts d'installation, réseaux).
Un signal pour la filière
La manœuvre réussie — mise à l'eau et départ sur barge vers la Pologne — confirme que la production et l'assemblage d'éléments critiques peuvent être externalisés loin des côtes européennes sans perte apparente de qualité ni de calendrier. Reste à savoir si cette tendance accélérera des décisions d'achat similaires sur d'autres mégachantiers offshore en mer du Nord et en Méditerranée, et si elle poussera les Etats à soutenir davantage la relocalisation de certains segments industriels.
Au regard des ambitions renouvelables de l'Union européenne, cet épisode est moins une surprise qu'un avertissement : la transition énergétique est aussi une course industrielle et logistique. Les prochains appels d'offres et les décisions d'investissement éclaireront l'ampleur du basculement des chaînes d'approvisionnement vers l'Asie.