Une révision à la hausse malgré la canicule
La Banque de France a annoncé jeudi une révision à la hausse de sa projection de croissance pour le deuxième trimestre : la deuxième économie de la zone euro devrait afficher une progression de +0,2 % sur la période, après une contraction de -0,1 % au trimestre précédent. Cette révision, qui remplace une estimation initiale de croissance nulle, repose essentiellement sur une dynamique positive dans les services et un redressement de l'activité industrielle en juin.
Des secteurs aux trajectoires contrastées
Les services semblent avoir tiré le poids de la croissance : les activités liées aux particuliers (information et communication, hôtellerie-restauration, transports) ont contribué de façon notable à la révision. L'industrie manufacturière a également apporté un soutien, les entreprises signalant des carnets de commandes à des niveaux jugés « normaux » et un indice d'incertitude revenu à son niveau habituel. En revanche, le bâtiment reste fragile et devrait afficher un nouveau repli sur l'ensemble du trimestre.
Canicule : adaptation plutôt que paralysie
La vague de chaleur exceptionnelle de fin juin a perturbé certaines activités, en particulier des projets de construction et des plannings d'usines. Mais la Banque de France souligne que les entreprises ont globalement su s'adapter : modification des horaires pour éviter les heures les plus chaudes, recours accru aux systèmes de refroidissement et, pour certains acteurs des services, une augmentation de la demande (par exemple des nuits d'hôtel recherchées pour la climatisation). Ces ajustements ont permis d'éviter des interruptions massives d'activité.
Une enquête étendue pour mesurer la conjoncture
La révision s'appuie sur l'enquête mensuelle de conjoncture menée par l'institution auprès de 8 500 entreprises. Celle-ci fait apparaître un renforcement en juin dans l'industrie et un rebond dans les services et le bâtiment, malgré la fragilité persistante du secteur de la construction sur le trimestre complet.
- Estimation de croissance Q2 : +0,2 %
- Contraction Q1 : -0,1 %
- Panel interrogé : 8 500 entreprises
Conséquences et perspectives
Sur le plan pratique, cette amélioration modeste mais nette de la croissance implique une conjoncture moins morose que redouté au printemps, avec des effets directs sur l'emploi, la production et les recettes fiscales locales. Toutefois, le recul attendu dans la construction pèse sur la dynamique globale et rappelle la sensibilité de la croissance française aux secteurs cycliques. Enfin, la capacité des entreprises à ajuster leurs horaires et équipements face à des épisodes climatiques extrêmes illustre l'importance croissante des coûts liés à l'adaptation pour la productivité.
| Période | Variation du PIB |
|---|---|
| 1er trimestre 2026 | -0,1 % |
| 2ᵉ trimestre 2026 (estimation) | +0,2 % |
La Banque de France reste attentive aux évolutions à court terme, notamment aux effets climatiques et aux capacités du bâtiment à retrouver un rythme positif : la trajectoire à venir dépendra de la persistance du redressement des services et de la stabilisation de l'industrie manufacturière.