Une étape majeure pour l’intégration financière de la CEMAC
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a officiellement rejoint le Système de paiement et de règlement panafricain (PAPSS), la plateforme développée par Afreximbank en partenariat avec l’Union africaine. L’annonce, faite par Afreximbank, prévoit que les banques et établissements financiers de la CEMAC seront connectés d’ici fin 2026.
Le PAPSS vise à faciliter les paiements transfrontaliers en monnaies africaines, réduire la dépendance aux devises étrangères et accélérer le règlement entre institutions. Avec l’entrée de la BEAC, le réseau couvre désormais 28 pays et relie plus de 190 banques et fintech, tout en offrant un accès à plus de 250 institutions financières.
Ce que cela change pour les acteurs locaux et le commerce régional
La connexion des établissements de la CEMAC au PAPSS doit permettre :
- Des paiements entre pays africains en monnaies locales, limitant le recours au dollar ou à l’euro ;
- Des transferts plus rapides grâce à un règlement direct entre institutions participantes ;
- Une meilleure inclusion des entreprises et particuliers de la sous-région dans les flux de paiement panafricains.
Les travaux techniques et réglementaires d’intégration seront menés conjointement par la BEAC et le PAPSS afin de rendre les services accessibles aux utilisateurs des États membres. Il s’agira notamment d’interconnecter les commutateurs nationaux, d’harmoniser les normes opérationnelles et de garantir la conformité des flux transfrontaliers.
« Cette adhésion crée les conditions d’un renforcement des paiements entre les pays de la CEMAC et le reste du continent », a déclaré Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC et président de l’Association des banques centrales africaines.
Un réseau en croissance : chiffres et portée
Le PAPSS, porté par Afreximbank et l’Union africaine, se présente comme l’infrastructure de référence pour la régionalisation des paiements. Les chiffres mis en avant par l’annonce montrent l’étendue du réseau :
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Pays couverts | 28 |
| Banques et fintech connectées | plus de 190 |
| Institutions financières accessibles | plus de 250 |
Pour les fintechs et les banques locales, l’enjeu sera double : tirer parti d’une interopérabilité accrue pour proposer des services transfrontaliers compétitifs, tout en s’adaptant aux exigences techniques et de conformité imposées par le PAPSS et les régulateurs nationaux.
Conséquences et questions à venir
À court terme, l’intégration pourrait réduire les coûts et les délais des transferts intra-africains dans la CEMAC et stimuler le commerce régional. À moyen terme, le succès dépendra de la capacité des banques locales à moderniser leurs infrastructures, d’une coordination réglementaire effective et de l’adoption par les entreprises et les particuliers.
Pour les acteurs européens et notamment français présents en Afrique centrale, l’évolution ouvre des opportunités de partenariat avec des plateformes locales et des fintechs intégrées au PAPSS, mais impose aussi des ajustements opérationnels. Reste à voir comment la transition vers des paiements en monnaies locales impactera les volumes de change et les services de couverture actuellement fournis par les banques internationales.
Sur le plan politique, la démarche illustre l’ambition panafricaine d’autonomie financière et de réduction de la dépendance aux monnaies étrangères — un objectif qui, s’il se concrétise, redessinera les chaînes de paiement transfrontalières sur le continent.