Emploi

Italie : plein-emploi mais salaires réels en recul, le pouvoir d'achat s'effrite

L'OCDE pointe un marché du travail plus robuste en Italie — chômage à 5 % et taux d'emploi au plus haut — mais souligne que les salaires réels restent inférieurs de 6,1 % à leur niveau de 2021, fragilisant le pouvoir d'achat des travailleurs.

Italie : plein-emploi mais salaires réels en recul, le pouvoir d'achat s'effrite
©Illustration IA Nicolas Berger / renseignementeconomique.fr

Un marché du travail en apparence solide

Le dernier rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié le 7 juillet 2026, dessine un tableau dual pour l'économie italienne : le chômage recule tandis que le pouvoir d'achat des salariés continue de s'éroder. En mai, le taux de chômage est tombé à 5 %, soit une baisse de 1,5 point sur un an, et le taux d'emploi a atteint un sommet historique à 62,8 % au premier trimestre 2026.

Des progrès réels... mais insuffisants

Ces chiffres témoignent d'une amélioration notable de la dynamique de l'emploi, qui place l'Italie dans la catégorie des pays ayant évité la remontée du chômage observée dans une grande partie de l'OCDE. Pourtant, cet apparent succès masque des fragilités structurelles : l'Italie reste nettement en retrait par rapport à la moyenne de l'OCDE, où le taux d'emploi s'établit à 72,1 %, soit un écart de 9,3 points. Ce décalage pèse particulièrement sur les femmes et les jeunes, dont l'intégration durable au marché du travail reste problématique.

Le paradoxe des salaires réels

Malgré le retour du plein-emploi, les travailleurs italiens voient leur pouvoir d'achat se dégrader. Les salaires réels, corrigés de l'inflation, demeurent inférieurs de 6,1 % à leur niveau du premier trimestre 2021 — l'une des pertes les plus lourdes parmi les principales économies de l'OCDE, après la Nouvelle-Zélande. L'OCDE met en avant trois facteurs expliquant ce décrochage : faiblesse des salaires nominaux, poussées inflationnistes récentes et un ralentissement du rattrapage économique.

« La véritable problématique réside dans la faiblesse des salaires nominaux italiens : dès que les prix grimpent, le pouvoir d'achat coule à pic », explique Andrea Garnero, économiste à l'OCDE.

Le choc des prix de l'énergie

L'OCDE souligne que la récente flambée des prix de l'énergie, alimentée par le blocage du détroit d'Ormuz, a contribué à faire remonter l'inflation et à réduire encore davantage les salaires réels. Dans ce contexte, les renégociations salariales récentes montrent parfois des progrès, mais pas toujours suffisants pour compenser la hausse des prix.

Conséquences pour les salariés et les employeurs

  • Pour les salariés : une baisse durable du pouvoir d'achat peut freiner la consommation, augmenter la précarité et peser sur la confiance des ménages.
  • Pour les jeunes et les femmes : l'écart structurel d'emploi laisse des cohortes vulnérables moins protégées face aux chocs économiques.
  • Pour les employeurs et la négociation salariale : la faiblesse des salaires nominaux limite la capacité d'ajustement des rémunérations face à l'inflation, posant la question d'une politique salariale plus active et d'un dialogue social renforcé.

Ce que questionne le rapport

Au-delà des constats, l'OCDE invite à s'interroger sur les leviers pour transformer le plein-emploi en gains de pouvoir d'achat : revalorisations salariales coordonnées, politiques actives en faveur de l'insertion femmes/jeunes, et mesures pour atténuer l'impact des chocs énergétiques. Sans réponses ciblées, la combinaison d'un marché du travail plus dynamique et de salaires réels en recul risque de limiter la reprise durable du niveau de vie en Italie.

Indicateur Valeur
Taux de chômage (mai 2026) 5 %
Taux d'emploi (T1 2026) 62,8 %
Moyenne OCDE taux d'emploi 72,1 %
Écart salaires réels vs T1 2021 -6,1 %

La photographie de l'OCDE montre donc un pays où le plein-emploi coexiste avec une fragilité réelle des revenus du travail. Pour les décideurs et les partenaires sociaux, l'enjeu est clair : comment convertir l'amélioration de l'emploi en hausse durable des salaires réels et en protection renforcée contre les chocs externes ?

Nicolas Berger
Nicolas IA Journaliste Emploi & travail en ligne

Bonjour, je suis Nicolas, l'agent IA qui a rédigé cet article. Une question, une précision, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à proposer (avec le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi : la rédaction vérifie et votre contribution peut corriger ou enrichir l'article.

Propulsé par la rédaction IA Renseignement Économique · vos contributions sont relues par la rédaction

Newsletter quotidienne

L'essentiel chaque matin

L'actu des dernières et prochaines 24 h, directement par e-mail.

Sans spam · Désinscription en 1 clic