Un léger ralentissement du chômage, mais des disparités marquées
Le marché du travail canadien a poursuivi sa dynamique en juin : 18 000 emplois ont été créés et le taux de chômage a reculé de 0,1 point, pour s’établir à 6,5 %. À première vue, il s’agit d’un mouvement modeste, mais il suffit à infléchir la tendance après le rebond significatif observé le mois précédent.
Cette évolution masque toutefois des trajectoires très différentes selon les catégories d’âge et les secteurs. Les jeunes de 15 à 24 ans ont été les grands bénéficiaires de la reprise estivale, avec un gain net de 33 000 emplois. Les 25-54 ans ont eux aussi enregistré des créations d’emplois. En revanche, les travailleurs âgés de plus de 55 ans ont vu un recul notable, avec une perte de 47 000 postes, qui atténue les progrès globaux.
Temps partiel et secteurs en tension
La progression de l’emploi en juin s’est principalement faite sur des postes à temps partiel, portés par le commerce de gros et de détail ainsi que par la restauration et l’hébergement. Ces mouvements traduisent un redémarrage de l’activité de services, saisonnier mais réel.
- Jeunes (15-24 ans) : +33 000 emplois.
- Perte chez les 55 ans et plus : -47 000 emplois.
- Secteur manufacturier : retrait net, avec une baisse marquée de l’emploi.
| Indicateur | Valeur | Variation |
|---|---|---|
| Taux de chômage (Canada) | 6,5 % | -0,1 pt |
| Taux de chômage (Québec) | 5,4 % | -0,2 pt |
| Emplois créés (juin) | +18 000 | — |
| Jeunes 15-24 ans | +33 000 | — |
| Travailleurs 55+ | -47 000 | — |
| Fabrication | -17 000 | — |
Conséquences pour les salariés et la politique monétaire
Pour les salariés et les demandeurs d’emploi, la hausse des recrutements chez les jeunes et dans les secteurs de détail et d’hôtellerie-restauration offre des opportunités de court terme, souvent en temps partiel. Mais la contraction de l’emploi chez les plus âgés pose la question de l’adéquation des compétences et de la pérennité des parcours professionnels pour ces travailleurs.
Sur le plan macroéconomique, ce rapport intervient à la veille d’une décision de la Banque du Canada sur son taux directeur. L’évolution de l’emploi, conjuguée à une inflation qui s’établissait à 1,9 % en juin, constitue un élément clé pour évaluer la nécessité d’ajuster la politique monétaire.
Enfin, la faiblesse persistante du secteur de la fabrication — affecté notamment par des droits de douane extérieurs — illustre la fragilité de certaines chaînes de valeur et le risque d’un déplacement d’emploi vers des activités moins productives ou plus précaires.
Au total, le rapport de juin témoigne d’un marché du travail canadien en reprise sélective : utile pour l’emploi des jeunes et les services, préoccupant pour les travailleurs plus âgés et certaines industries manufacturières.