Un signal favorable aux retraités actifs
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a exprimé son soutien à la possibilité pour certains retraités de cumuler intégralement pension et revenus d’activité, sans qu’il y ait une déduction sur la pension dès le premier euro. L’annonce a été faite au cours d’un déplacement en Alsace consacré à l’œnotourisme, où la ministre a entendu les principales revendications de la filière viticole.
Pourquoi la filière demande le retour au cumul intégral
Les organisations professionnelles viticoles ont listé plusieurs besoins auprès de la ministre. Parmi eux, la question du cumul emploi‑retraite revient en bonne place : les exploitations font largement appel à des travailleurs saisonniers et estiment que la possibilité pour des retraités de reprendre une activité sans pénalité financière est un levier essentiel pour assurer la main‑d’œuvre des vendanges et autres travaux saisonniers.
- Demande centrale : suppression de la déduction sur la pension pour permettre le cumul intégral.
- Autres revendications : réautorisation de certains phytos à base de cuivre, renforcement de l’Organisation Commune du Marché (OCM) vin, guichet unique pour les droits d’accises et dispositifs pour l’arrachage ou la reprise de vignes en friche.
« les saisonniers sont une main d’œuvre très importante pour les viticulteurs qui en ont notamment besoin pour les vendanges. Ils [les saisonniers] s’assurent pour leur part d’un complément de revenu »
Conséquences et enjeux
Un retour aux règles antérieures du cumul emploi‑retraite signifierait que les retraités admis avant l’âge minimum légal pourraient reprendre une activité sans voir leur pension diminuée, quel que soit le montant gagné. Concrètement, cela vise à faciliter la mobilisation de travailleurs disponibles et expérimentés pour des missions temporaires, tout en garantissant un revenu complémentaire aux intéressés.
Sur le plan social et budgétaire, la mesure pose plusieurs questions : qui serait éligible, comment éviter des effets d’aubaine et quel serait l’impact sur les recettes de la protection sociale ? Le gouvernement devra arbitrer entre les nécessités de la filière agricole et les équilibres financiers des régimes de retraite.
Un dossier à suivre
Sur le terrain de l’œnotourisme, la ministre a aussi annoncé des aides gérées par FranceAgriMer : 2 x 5 millions d'euros destinés à soutenir des projets à partir de 2027. Ce volet illustre la double préoccupation du gouvernement : répondre aux besoins conjoncturels de la filière tout en renforçant son attractivité à long terme.
| Mesure | Détail |
|---|---|
| Aides œnotourisme | 2 x 5 millions € gérés par FranceAgriMer à partir de 2027 |
| Cumul emploi‑retraite | Ministre « favorable » au retour au cumul sans déduction pour les retraités admis avant l’âge minimum légal |
La filière viticole attend désormais des précisions sur la traduction réglementaire de cette position ministérielle. Si le gouvernement engage une réforme, elle devra définir les critères d’ouverture du cumul intégral et préciser les effets pour les cotisations et prestations sociales.
Cette prise de position intervient dans un contexte où la main‑d’œuvre saisonnière est un enjeu structurel pour l’agriculture française. Le débat sur le cumul emploi‑retraite, déjà sensible dans d’autres secteurs, pourrait connaître un regain d’importance si le gouvernement donne suite aux demandes professionnelles.