Un changement de comportement : l'argent sort du silence
Selon le premier baromètre Corum L'Epargne, réalisé par OpinionWay entre le 2 et le 8 avril 2026 sur un échantillon représentatif de 1 004 personnes âgées de 18 ans et plus, 81 % des Français déclarent aujourd'hui parler ouvertement d'argent autour d'eux. Ce constat marque une évolution notable vis-à-vis de la perception traditionnelle de l'argent comme sujet tabou.
Famille d'abord, puis les professionnels selon le montant
Le baromètre précise à qui s'adressent les Français lorsqu'il s'agit de questions financières. L'interlocuteur de référence demeure le conjoint ou partenaire, cité par 58 % des répondants, suivi des parents (38 %), des amis proches (37 %) et des collègues (17 %).
Cependant, la nature du conseil recherché varie fortement en fonction du montant à placer :
- pour de petites sommes, les échanges intrafamiliaux et amicaux restent la norme ;
- à partir de 5 000 euros, puis jusqu'à 50 000 euros, le réflexe se tourne majoritairement vers le banquier ;
- au-delà de ces ordres de grandeur, c'est le conseiller en gestion de patrimoine qui devient l'interlocuteur privilégié (cité par 62 % des personnes concernées).
| Interlocuteur | Part des répondants |
|---|---|
| Conjoint/partenaire | 58 % |
| Parents | 38 % |
| Amis proches | 37 % |
| Collègues | 17 % |
| Conseiller en gestion de patrimoine (pour gros montants) | 62 % |
Des enseignements à la fois sociaux et financiers
Cette tendance a plusieurs conséquences pratiques. D'une part, le fait que la première source de conseil provienne de l'entourage souligne l'importance de l'éducation financière informelle : les croyances et pratiques familiales peuvent orienter fortement les choix de produits — livrets, assurance-vie, immobilier, placements risqués ou sécurisés. D'autre part, la préférence pour des interlocuteurs professionnels lorsque les montants augmentent montre une attente de compétence technique et de sécurisation des décisions face à des enjeux patrimoniaux plus élevés.
Impacts pour les acteurs du conseil et pour l'épargnant
Pour les banques et les conseillers en gestion de patrimoine, ces résultats confirment une opportunité commerciale : capter la confiance des épargnants au moment de franchir des seuils financiers (5 000–50 000 euros et au-delà) nécessite d'être présent, clair sur les coûts et transparent sur les conseils. Pour les ménages, le message est aussi clair : s'entourer d'informations fiables devient crucial à partir d'un certain niveau d'épargne, alors que les discussions familiales peuvent suffire pour des décisions courantes ou des petits montants.
Points de vigilance
Le baromètre n'explore pas en détail les différences générationnelles citées en introduction ni la manière dont les Français évaluent la qualité du conseil reçu. Il indique toutefois une mutation des réflexes d'orientation financière, qui mêle désormais confiance personnelle et recours ciblé aux experts selon les enjeux financiers.
À l'heure où la diversité des produits d'épargne (livrets réglementés, assurance-vie, PEA, PER, placements immobiliers) reste élevée, cette évolution sociale souligne l'intérêt d'un conseil adapté au montant et à l'objectif — sans pour autant substituer la sphère familiale à l'expertise professionnelle quand les enjeux patrimoniaux augmentent.