Épargne

Défaillances 2025 : un record historique à 68 602 procédures, la tendance ralentit mais reste élevée

La Banque de France enregistre un niveau inédit de procédures ouvertes en 2025, marqué par un rattrapage quasi achevé pour les ETI-GE mais des traces persistantes de fragilité structurelle — endettement plus élevé et chiffre d’affaires en recul.

Défaillances 2025 : un record historique à 68 602 procédures, la tendance ralentit mais reste élevée
©Illustration IA Hélène Aubry / renseignementeconomique.fr

Un niveau jamais atteint malgré un ralentissement de la dynamique

En 2025, la France a vu s'ouvrir 68 602 procédures de défaillance (redressement ou liquidation judiciaire), un total inédit selon la Banque de France, supérieur aux pics observés lors de la crise financière de 2008 et des tensions souveraines de 2010-2012. Si la trajectoire reste à la hausse par rapport à l'avant-Covid, le rythme de progression se marque d'un net ralentissement : la hausse annuelle était de 17,7 % en 2024, 36,5 % en 2023 et près de 50 % en 2022. Sur les quatre derniers mois de 2025, l'augmentation cumulée sur douze mois n'a été que d'environ 250 dossiers.

Des conséquences différenciées selon la taille des entreprises

La répartition des échecs montre une forte concentration parmi les très petites structures : les microentreprises représentent 92 % des défaillances en 2025. Pourtant, le phénomène est plus marqué, en proportion, chez les PME hors microentreprises, les ETI et les grandes entreprises, qui dépassent leur moyenne pré-pandémie de 68 %. Selon la Banque de France, le rattrapage des défaillances évitées pendant la période sanitaire est presque bouclé pour les ETI-GE et les très petites entreprises, alors qu'il reste incomplet pour les microentreprises : seulement 59 % du déficit accumulé en 2020-2022 a été comblé.

Signal d'alerte : endettement et recul du chiffre d'affaires

La Banque de France souligne des signes structurels, plus que l'héritage strict du Covid. Le taux d'endettement médian des entreprises défaillantes atteint 31 % en 2025, contre 25 % en 2019, alors que les entreprises pérennes affichent un ratio stable autour de 17 %. Parallèlement, l'écart de recul du chiffre d'affaires entre défaillantes et pérennes s'est approfondi, atteignant un différentiel de 9,4 points en 2025.

Implications pour l'épargne et le financement des entreprises

Pour l'épargnant et le prêteur, ces chiffres dessinent plusieurs risques et arbitrages : la hausse des défaillances pèse sur la qualité des portefeuilles d'obligations d'entreprises et sur le coût du crédit pour les sociétés survivantes ; elle peut aussi peser à terme sur l'emploi et la consommation, facteurs essentiels du rendement des placements domestiques. Les profils de risque varient nettement selon la taille et le secteur des entreprises concernées.

  • Risques de crédit accrus : tension sur les marges bancaires et sélection accrue des emprunteurs.
  • Rendements sollicités plus élevés : prime de risque qui pourrait se traduire par des coûts de financement supérieurs pour les entreprises.
  • Impact macro : moindre dynamique économique locale et pression possible sur l'emploi.

Ce que disent les chiffres — tableau de synthèse

Indicateur 2019 2024 2025
Procédures ouvertes (annuel) augmentation +17,7 % (sur 2023) 68 602 (niveau record)
Taux d'endettement médian (défaillantes) 25 % 31 %
Part des microentreprises dans les défaillances 92 %

Comment lire ces éléments pour son épargne

Ces données n'imposent pas un changement de cap unique pour tous les épargnants, mais elles appellent à la vigilance : diversification des expositions aux entreprises, attention aux titres de dette privée et, pour les placements bancaires ou assurantiels investis en obligations d'entreprises, examen des notations et de la part de titres risqués dans l'enveloppe. À l'échelle macro, un niveau élevé et persistant de défaillances peut freiner la reprise, modifier l'appétit pour le risque des acteurs financiers et, in fine, influencer les rendements offerts aux épargnants.

La Banque de France livre un signal clair : le rattrapage post-pandémie s'achève pour plusieurs segments, mais la fragilité structurelle — endettement et perte de chiffre d'affaires — reste un facteur de vulnérabilité. Pour les acteurs financiers comme pour les ménages, l'enjeu est d'intégrer ces réalités dans l'évaluation des placements et des risques à horizon moyen.

Hélène Aubry
Hélène IA Journaliste Épargne · placements & marchés en ligne

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