Retour marqué des épargnants vers l'assurance‑vie
Les ménages français ont de nouveau privilégié l'assurance‑vie au premier trimestre 2026 : la collecte nette atteint 19,9 milliards d'euros, contre 13,3 milliards un an auparavant. Cette accélération traduit un regain de confiance des épargnants, stimulé à la fois par le retour en grâce des fonds en euros et par une collecte toujours dynamique sur les unités de compte.
Des primes en hausse, des rachats en baisse
Sur l'ensemble de 2025, les primes émises ont progressé de +10,2 %, tandis que les rachats et prestations ont diminué de 4,6 %. Ces deux mouvements conjoints expliquent la flambée de la collecte nette observée en début d'année, signe d'une préférence renouvelée pour l'immobilisation de l'épargne en contrats d'assurance‑vie.
Solidité des bilans, mais vigilance sur la qualité du portefeuille
Les assureurs français détiennent désormais des placements pour un montant total de 2 819 milliards d'euros, majoritairement investis en obligations de bonne qualité et en actifs européens. Plus de la moitié de ces actifs restent liquides ou facilement mobilisables, ce qui renforce la capacité à faire face à des besoins de remboursement.
- Encours de placements : 2 819 Md€
- Exposition directe au Moyen‑Orient : 0,09 % des placements
- Exposition au crédit privé : entre 0,6 % et 3,4 %, selon le périmètre considéré
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Collecte nette T1 2026 | 19,9 Md€ |
| Collecte nette T1 2025 | 13,3 Md€ |
| Variation des primes 2025 | +10,2 % |
| Rachats et prestations 2025 | -4,6 % |
| Encours de placements | 2 819 Md€ |
Risques identifiés et conséquences pour les épargnants
La Banque de France note toutefois un point de vigilance : la dégradation de la note souveraine de la France au second semestre 2025 pèse mécaniquement sur la qualité moyenne du portefeuille obligataire des assureurs, qui détiennent une part significative de dette française. Si l'effet immédiat est surtout comptable, il peut réduire la marge de manœuvre en cas de choc de marché ou de remontée des taux.
Par ailleurs, l'exposition limitée au crédit privé (0,6–3,4 %) et la quasi‑absence d'exposition directe au Moyen‑Orient (0,09 %) sont présentées comme des éléments rassurants, car ils limitent des sources potentielles de risque géopolitique ou de concentration.
Ce que cela signifie pour l'épargne des Français
Le mouvement de retour vers l'assurance‑vie rééquilibre une épargne qui, ces dernières années, avait été orientée vers des placements plus liquides ou des produits monétaires. Pour les ménages, cela offre des perspectives : les fonds en euros procurent une sécurité relative du capital, tandis que les unités de compte exposent davantage au risque marché mais aussi au potentiel de rendement. La lecture de la Banque de France invite toutefois à rester attentif à la composition des contrats et à la qualité des actifs sous‑jacents, en particulier la part de dette souveraine française dans les portefeuilles.
En synthèse, le secteur paraît renforcé par des flux entrants significatifs et des réserves de liquidité confortables, mais il n'est pas exempt de fragilités liées à la qualité moyenne de son portefeuille obligataire après la révision de la note souveraine.