Une fédération qui se positionne en vue de 2027
France Assureurs a précisé, à l'occasion d'une rencontre avec la presse le 7 juillet, les grandes lignes de ses propositions destinées aux candidats à l'élection présidentielle de 2027. Dans un contexte où les débats publics se concentrent sur la fiscalité et le financement de l'économie, la présidente de la fédération a insisté pour que l'assurance soit pensée comme un outil de financement de long terme et non comme une simple source de recettes fiscales.
Assurance-vie : un stock d'épargne de premier plan
Pour étayer ce message, la présidente rappelle que les encours de l'assurance‑vie représentent près de 93 % du produit intérieur brut (PIB) français. Cet ordre de grandeur, selon elle, place l'assurance‑vie parmi les principaux réservoirs d'épargne longue du pays et en fait un acteur naturel du financement des investissements à long terme.
« Pour un pays qui n’a ni ressources naturelles ni excédents commerciaux, le fonds souverain n’est tout simplement pas une solution. Il faut arrêter de croire qu’il existe quelque part de l’argent magique »
Cette mise en garde vise à relativiser les appels à la création de nouveaux véhicules publics de type fonds souverain et à recentrer la discussion sur les leviers déjà existants, comme l'assurance‑vie et les dispositifs d'épargne salariale et retraite.
Des propositions claires mais centrées sur l'encadrement public
Parmi les orientations avancées figure la défense d'une généralisation du plan d'épargne retraite en entreprise (PERE/PEE/PER d'entreprise), présenté comme un moyen de mobiliser davantage l'épargne salariale vers la retraite et le financement des entreprises. La fédération entend soumettre un ensemble de mesures aux candidats, plaidant pour une meilleure reconnaissance du rôle des assureurs dans la structuration d'un marché de l'épargne longue plus performant.
Conséquences pour les épargnants et les acteurs
Si les propositions de France Assureurs venaient à être reprises par les pouvoirs publics, les conséquences seraient multiples :
- une plus grande promotion des dispositifs d'épargne retraite d'entreprise auprès des salariés ;
- une possible réorientation des incitations fiscales pour privilégier l'épargne longue via l'assurance‑vie et les PER collectifs ;
- une pression réduite sur l'assurance comme variable d'ajustement budgétaire, selon la fédération, ce qui influerait sur la prévisibilité réglementaire du secteur.
Points de vigilance
La proposition de France Assureurs intervient dans un calendrier politique serré et soulève des questions opérationnelles : comment généraliser des plans d'épargne retraite en entreprise sans accroître les inégalités d'accès entre petites et grandes entreprises ? Quel rôle concret pour l'assurance‑vie dans le financement des investissements productifs, au-delà du discours sur les encours ?
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Encours assurance‑vie | ~93 % du PIB |
| Horizon politique évoqué | Élection présidentielle 2027 |
En rappelant que la France ne dispose ni de ressources naturelles majeures ni d'excédents commerciaux stables, la présidente de France Assureurs cherche à recentrer le débat sur les leviers existants d'épargne et de financement. Le message, clair et adressé aux futurs candidats, est que l'assurance doit être considérée comme un pilier du financement à long terme, avec des propositions concrètes à venir pour mieux organiser cet arbitrage entre politiques publiques, fiscalité et instruments d'épargne.