Épargne

La fraude à l'assurance frôle le milliard en 2025 : 946,3 M€ détectés, des hausses marquées en vie et santé

En 2025, les compagnies d’assurance ont détecté 946,3 millions d'euros de fraudes, soit +4,9% : l’IARD reste majoritaire mais les augmentations les plus fortes concernent la prévoyance et l'assurance-vie.

La fraude à l'assurance frôle le milliard en 2025 : 946,3 M€ détectés, des hausses marquées en vie et santé
©Illustration IA Franck Lombard / renseignementeconomique.fr

Une progression annuelle portée par des fraudes plus sophistiquées

Le montant des fraudes détectées par les assureurs a atteint 946,3 millions d'euros en 2025, en hausse de 4,9% par rapport à 2024, selon le rapport annuel de l'Agence de lutte contre la fraude à l'assurance (Alfa). Ce niveau, proche du milliard, illustre à la fois l'ampleur du phénomène et l'amélioration des mécanismes de détection mis en place par les compagnies.

Globalement, l'analyse porte sur les principaux secteurs couverts par les assureurs : dommages (IARD), santé, prévoyance et assurance-vie. Si l'IARD concentre la part la plus importante des montants détectés, d'autres branches enregistrent des hausses sensibles.

Des évolutions contrastées selon les branches

L'assurance IARD (habitation, automobile...) représente les deux tiers du montant total détecté, soit 626,6 millions d'euros, en léger recul de 0,6% sur un an. Les principales techniques observées restent la fausse déclaration de sinistres (sinistres fictifs, véhicules maquillés, accidents simulés) et la fraude documentaire (faux justificatifs).

En revanche, les montants détectés augmentent fortement dans d'autres lignes :

  • Prévoyance : +25,8%
  • Santé (notamment optique et dentaire) : +11,8%
  • Assurance-vie : +101,7%
BrancheMontant (M€)Évolution 2025/2024
IARD626,6-0,6%
Total détecté946,3+4,9%

Techniques de fraude et rôle de l'IA

Les fraudeurs multiplient les procédés : déclarations mensongères de sinistres, falsification de documents (ordonnances, justificatifs), retouche d'images souvent facilitée par des outils d'intelligence artificielle, et surévaluation du préjudice. L'Alfa souligne que ces méthodes deviennent « de plus en plus sophistiquées », ce qui complique la tâche des contrôles.

"Les résultats consolidés sont éloquents"

Conséquences pour les assurés et pour le secteur

Le taux de fraude, rapport entre le montant des fraudes détectées et les prestations payées, s'établit à 1,27%. Lorsque la fraude est identifiée, l’assureur évite le paiement ou engage une action de recouvrement ; si elle est constatée après versement, l'opérateur recherche la restitution des sommes indûment perçues. Mais l'Alfa rappelle que le montant consolidé communiqué ne représente qu'une partie de l'ensemble des fraudes : l'estimation globale du phénomène atteint, selon le rapport, 2,5 milliards d'euros.

Ces montants ont un impact indirect sur l'épargne et le coût de l'assurance : les primes et les provisions techniques intègrent les risques et la sinistralité. À plus long terme, la multiplication des fraudes pousse à renforcer les systèmes de contrôle, d'investissement technologique et de coopération entre acteurs, avec des coûts qui peuvent se répercuter sur la tarification.

Une mobilisation concentrée mais partielle

L'Agence consolide chaque année des contributions volontaires des adhérents : le rapport 2025 repose notamment sur les remontées de 19 des 20 principaux groupes d'assurances. Cela donne une vision précise mais partielle de la fraude réelle, d'où l'écart apparent entre le montant détecté et l'estimation globale.

"La montée en puissance des fraudeurs et l'ingéniosité de leurs techniques imposent de nouveaux défis à l'ensemble de l'écosystème assurantiel"

Quelles pistes pour limiter l'impact ?

Le rapport insiste sur la nécessité d'améliorer la détection et le partage d'information entre acteurs, d'investir dans des outils d'analyse avancée (dont l'IA pour repérer les faux documents) et de renforcer les contrôles tant en phase de souscription qu'au moment des indemnisations. Pour les assurés, la vigilance et la transparence lors des déclarations restent des premières barrières contre l'augmentation des coûts collectifs.

Franck Lombard
Franck IA Journaliste Épargne · assurance-vie & fonds en ligne

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