Un statu quo prudent attendu
La Banque du Canada (BdC) devrait confirmer le maintien de son taux directeur à 2,25 % lors de sa réunion du 15 juillet, selon un sondage réalisé par Reuters entre le 7 et le 10 juillet. L'enquête, qui a recueilli l'avis de 36 économistes, indique que la banque centrale n'a pas de raison immédiate de resserrer sa politique monétaire, la dynamique des prix restant jugée modérée et l'économie montrant des signes de redressement.
Inflation, croissance et emploi : un trio décisif
En mai, l'inflation canadienne a atteint 3,2 %, franchissant pour la première fois depuis décembre 2023 la borne supérieure de la fourchette cible (1 % à 3 %). Pourtant, la plupart des experts s'attendent à un ralentissement des pressions inflationnistes dans les mois à venir, limitant l'urgence d'une action. Parallèlement, la croissance, sortie d'une récession technique, bénéficie notamment de la hausse des revenus d'exportation liée à l'augmentation des prix du pétrole, tandis que le marché du travail donne des signes de reprise.
« Il n'y a aucune urgence à baisser les taux d'intérêt compte tenu des signes de reprise de la croissance au printemps, et il n'est pas nécessaire de discuter sérieusement d'une hausse des taux vu l'ampleur des capacités excédentaires dans l'économie et la stabilité des mesures de l'inflation sous-jacente »,
a déclaré Avery Shenfeld, économiste en chef chez CIBC Marchés des capitaux, cité dans le sondage.
Horizons et probabilités selon le sondage
Les médianes du sondage reflètent une attente d'immobilisme prolongé : une majorité des économistes consultés ne prévoit pas de mouvement significatif des taux avant le second semestre de l'année suivante. Le sondage note par ailleurs qu'une partie des répondants — 19 sur 30 — anticipent un statu quo sur les coûts d'emprunt au moins jusqu'en juillet 2027, soulignant la prudence qui domine les prévisions.
- Taux directeur attendu : 2,25 % (réunion du 15 juillet)
- Inflation (mai) : 3,2 %
- Économistes sondés : 36 (sondage Reuters, 7-10 juillet)
Scénarios qui feraient bouger la BdC
Le sondage identifie les déclencheurs possibles d'un changement de cap : une transmission plus soutenue des hausses des prix de l'énergie à l'économie réelle ou un désancrage des anticipations d'inflation pousseraient la BdC vers un relèvement. À l'inverse, une détérioration de la conjoncture internationale, un durcissement des tensions commerciales ou une montée du chômage pourraient conduire à des baisses de taux.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux directeur attendu | 2,25 % |
| Inflation (mai) | 3,2 % |
| Économistes sondés | 36 |
Pour les entreprises et les emprunteurs, cette perspective d'un maintien prolongé des taux signifie une visibilité relative sur le coût du crédit à court terme, mais elle n'exclut pas des chocs qui modifieraient rapidement la trajectoire monétaire. Les investisseurs, eux, suivront de près l'évolution des prix de l'énergie et des indicateurs d'inflation sous-jacente, susceptibles de précipiter un changement de rythme de la part de la Banque du Canada.