Une amélioration marginale mais notable du marché du travail
Statistique Canada rapporte que l’économie canadienne a ajouté 18 000 emplois en juin, suffisants pour réduire le taux de chômage national de 0,1 point à 6,5 %. Au Québec, la baisse est plus marquée : le taux de chômage passe à 5,4 %, en recul de 0,2 point, et la province a enregistré la création de 11 000 emplois sur le mois. Ces chiffres constituent le dernier panorama détaillé avant la décision de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt prévue cette semaine.
Derrière ces chiffres, la nature des gains d’emploi est instructive : la progression provient majoritairement d’emplois à temps partiel, et non d’une reprise forte des postes à plein temps. Les secteurs qui ont tiré la création d’emplois sont le commerce de gros et de détail ainsi que la restauration et l’hébergement, segments traditionnellement saisonniers mais sensibles aux changements de consommation.
Les jeunes stimulent la reprise estivale
La génération des 15–24 ans a connu un début d’été plus favorable qu’en 2025 : 33 000 emplois ont été créés pour cette tranche d’âge à l’échelle du pays. Pour les étudiants, les travailleurs temporaires et ceux qui cherchent un premier emploi, ce mouvement peut signifier une meilleure disponibilité d’emplois saisonniers et d’entrée de gamme. Pour les employeurs, il s’agit d’une opportunité de recruter des profils jeunes mais aussi d’un défi en termes de formation et de rétention.
- Création nette : +18 000 emplois (juin).
- Taux de chômage : 6,5 % au Canada (-0,1 point); 5,4 % au Québec (-0,2 point).
- Jeunes (15–24 ans) : +33 000 emplois.
- Sectoriel : gains dans le commerce et la restauration; pertes sensibles dans la fabrication.
Ces mouvements soulignent un marché du travail encore contrasté : si l’emploi progresse, la qualité et la stabilité des postes créés restent inégales. Une hausse axée sur le temps partiel peut se traduire par une fragilité des revenus pour les ménages et une pression accrue sur les services liés à l’emploi (formation, transitions professionnelles).
La fabrication reste en difficulté
Le secteur de la fabrication continue d’enregistrer des pertes importantes : il affiche environ 61 000 emplois en moins depuis son sommet atteint en janvier 2025. L’agence met en cause, parmi d’autres facteurs, l’impact des droits de douane américains qui pèsent sur la compétitivité de l’industrie. Pour les salariés du secteur manufacturier, cela signifie des trajectoires professionnelles plus risquées et, pour les employeurs, une nécessité d’adaptation — relocalisation, montée en gamme technologique ou recherche de nouveaux marchés.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Emplois créés (juin) | +18 000 |
| Taux de chômage (Canada) | 6,5 % (-0,1) |
| Taux de chômage (Québec) | 5,4 % (-0,2) |
| Emplois créés (15–24 ans) | +33 000 |
| Emplois perdus en fabrication depuis janv. 2025 | -61 000 |
À court terme, la Banque du Canada intégrera ces éléments dans son analyse avant d’ajuster, ou non, sa politique monétaire. Une amélioration du marché du travail axée sur des emplois précaires ou saisonniers peut limiter la marge de manœuvre pour une hausse des taux, alors qu’une baisse soutenue du chômage pourrait conforter une orientation plus restrictive.
Pour les demandeurs d’emploi, la hausse des opportunités chez les jeunes offre une fenêtre pour entrer sur le marché ; pour les salariés, la faiblesse relative des créations d’emplois à plein temps appelle à la prudence sur la sécurité des revenus ; pour les entreprises, la situation exige d’équilibrer besoins de main-d’œuvre saisonnière et investissements dans la montée en compétences.
Ce rapport de juin donne ainsi un aperçu nuancé d’un marché du travail qui progresse, mais dont les fragilités structurelles — notamment dans la fabrication — persistent et méritent une attention soutenue des autorités et des acteurs économiques.