Contexte et enjeux
La combinaison d'annonces sur les politiques commerciales et d'un contexte géopolitique tendu alimente une forte demande d'explications de la part des épargnants. Alors que les marchés actions continuent de battre des records, l'incertitude provoquée par des révisions des accords commerciaux et des tensions internationales crée un phénomène que les professionnels qualifient de « bruit » de marché : une accumulation d'informations souvent difficiles à relier entre elles pour l'investisseur particulier.
Ce que disent les conseillers
Des gestionnaires et conseillers, s'exprimant lors de réunions professionnelles, soulignent la pression accrue sur la relation client.
« Cela augmente la pression sur le gestionnaire de portefeuille ou le conseiller pour maintenir une communication constante avec les clients, afin de bien expliquer ce qui se passe »résume un gestionnaire. Un autre note que, malgré la multiplication des sujets d'inquiétude — commerce, conflits régionaux, inflation — l'examen des accords commerciaux n'est pas encore au centre de toutes les conversations, mais le sera probablement bientôt.
Chiffres clés du sondage
Un sondage mené par Fidelity Investments Canada, présenté lors d'un webinaire, illustre l'ampleur du questionnement : 47 % des conseillers indiquent que leurs clients expriment des préoccupations sur les politiques commerciales, les droits de douane et leurs impacts sur le budget familial, les placements ou l'emploi.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Conseillers ayant signalé des inquiétudes clients | 47 % |
| Nombre de conseillers interrogés | entre 360 et 642 selon les questions |
Conséquences pour l'épargnant et le conseiller
Plusieurs conséquences pratiques émergent de ce constat :
- Communication renforcée : les conseillers doivent multiplier les points d'information pour contextualiser l'actualité et désamorcer les réactions émotionnelles.
- Réévaluation des plans : les clients demanderont davantage d'analyses sur l'impact potentiel des droits de douane et des accords commerciaux sur secteurs exposés et allocations d'actifs.
- Priorité à l'horizon : face au « bruit », la distinction entre incidents ponctuels et tendances structurelles devient centrale pour éviter des arbitrages hâtifs.
Éléments à surveiller
Les professionnels notent que la fréquence des révisions commerciales annoncée pour la décennie à venir pourrait maintenir un niveau d'incertitude élevé. Parallèlement, les risques géopolitiques — au Moyen-Orient et en Europe — viennent s'ajouter à ces préoccupations, compliquant l'analyse des effets sur la croissance et l'inflation, et par ricochet sur les portefeuilles.
Pour l'épargnant, l'enjeu est double : comprendre si une évolution commerciale affecte directement les placements (entreprises exposées aux droits de douane, chaînes d'approvisionnement) et éviter des décisions dictées par l'émotion ou la surinformation. Pour le conseiller, il s'agit d'un défi de pédagogie et de planification à long terme, afin d'aider le client à rester fidèle à ses objectifs financiers tout en ajustant, si nécessaire, l'allocation en fonction de risques désormais mieux identifiés.