Contrôles de l'AMF : bilan mitigé sur la relation client en agence
L'Autorité des marchés financiers (AMF) a réalisé 145 visites mystère au sein de 11 grandes banques de réseau, réparties entre septembre 2025 et février 2026, pour évaluer la conformité des pratiques commerciales avec la directive sur les marchés d'instruments financiers. Le dispositif, qui met un visiteur dans la peau d'un client potentiel ou en cours de souscription, visait notamment à observer la qualité du questionnement des conseillers et la transmission des documents réglementaires obligatoires.
Le rapport met en lumière un double constat : d'un côté, des éléments du parcours client sont bien couverts ; de l'autre, des manques significatifs persistent sur des points essentiels à la protection de l'investisseur.
« ont été bien couverts »
Sur les aspects positifs, l'AMF relève que les projets et l'horizon de placement des prospects ont été abordés dans plus de quatre rendez-vous sur cinq, traduisant une attention réelle portée aux objectifs d'épargne. Par ailleurs, les propositions commerciales se montrent plus diversifiées qu'auparavant, ce qui peut permettre d'adapter l'offre aux besoins exprimés.
En revanche, le contrôle souligne des insuffisances notables dans l'évaluation de la tolérance au risque et des préférences en matière de durabilité, qui n'ont été interrogées que dans environ un rendez-vous sur deux. De même, l'AMF juge le questionnement financier des prospects « insuffisant » et en recul, en particulier pour l'appréciation de la situation financière globale des clients et de leur capacité à supporter des pertes en capital.
- 145 visites mystère réalisées dans 11 banques (sept. 2025 & fév. 2026)
- Projets et horizon évoqués dans >80% des rendez-vous
- Tolérance au risque et durabilité abordées dans ≈50% des cas
- Connaissances financières évaluées dans >66% des rendez-vous
- Expérience financière examinée dans ≈50% des rendez-vous
Conséquences pour les épargnants et les établissements
Ces conclusions interrogent la capacité des réseaux bancaires à respecter pleinement leurs obligations dans le conseil en investissement. L'absence d'un questionnement suffisant sur la situation financière et la tolérance au risque peut conduire à des recommandations inadaptées, notamment lorsque le client est exposé à des pertes en capital. Par ailleurs, la remise irrégulière des documents réglementaires affaiblit la transparence et la traçabilité des informations fournies.
Pour les épargnants, cela appelle à une vigilance renforcée : vérifier la remise des documents, demander des précisions sur les frais et s'assurer que le conseiller a bien évalué la capacité à supporter un risque. Pour les établissements, l'AMF envoie un signal clair : la diversification des offres ne suffit pas si les processus de conseil restent incomplets.
| Élément contrôlé | Observation de l'AMF |
|---|---|
| Projet et horizon | Abordés dans >80% des visites |
| Tolérance au risque | Évoquée dans ≈50% des visites |
| Connaissances financières | Évaluées dans >66% des cas |
| Expérience financière | Examinée dans ≈50% des cas |
| Remise des documents réglementaires | Souvent incomplète |
Le suivi de ces observations pourrait se traduire par des actions de conformité renforcées, des plans de formation pour les conseillers et, le cas échéant, des mesures correctives formalisées par l'AMF. En attendant, l'épargnant reste responsable de poser des questions précises et d'exiger la documentation nécessaire pour comparer les offres et comprendre les coûts et risques associés.