Un excédent mensuel exceptionnel en septembre
Les statistiques publiées par les autorités douanières chinoises pour le mois de septembre font apparaître un excédent commercial mensuel de 133,5 milliards de dollars, niveau le plus élevé depuis janvier 2025. Ce chiffre accompagne une dynamique d'échanges internationaux dont l'intensité dépasse largement les attentes des analystes, et qui rapproche la Chine d'un nouveau record annuel.
Des exportations surperformantes, des importations en forte hausse
Sur un an, les exportations chinoises ont progressé de 36,3% en septembre, un rythme très supérieur aux prévisions (les analystes tablaient sur +25,7% selon Bloomberg). Les importations ont elles aussi enregistré une hausse marquée, de 31%, témoignant d'une demande interne et de chaînes d'approvisionnement internationales toujours très actives.
- Excédent mensuel (septembre) : 133,5 milliards de dollars
- Excédent cumulé janv.-sept. : 938,1 milliards de dollars
- Croissance des exportations (septembre, an/ an) : +36,3%
- Croissance des importations (septembre, an/ an) : +31%
- Exportations vers l'UE (septembre, an/ an) : +25,3%
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Excédent mensuel (sept.) | 133,5 Mds $ |
| Excédent cumulé (janv.-sept.) | 938,1 Mds $ |
| Exportations (croissance an/ an) | +36,3% |
| Importations (croissance an/ an) | +31% |
| Exportations vers l'UE (croissance an/ an) | +25,3% |
Un déséquilibre qui inquiète Bruxelles
L'accélération des ventes chinoises à l'étranger, en particulier vers les États‑Unis et l'Union européenne, augmente les pressions politiques. Selon les chiffres publiés, l'excédent cumulatif de la Chine sur les neuf premiers mois de l'année s'élève à 938,1 milliards de dollars, ce qui laisse envisager la possibilité d'un nouveau record après celui observé l'an dernier (environ 1 200 milliards de dollars).
À Bruxelles, la montée persistante du déficit européen vis‑à‑vis de la Chine est jugée « insoutenable » : la Commission et plusieurs États membres souhaitent rééquilibrer les échanges, estimant que certaines pratiques chinoises favorisent des gains de compétitivité au détriment des producteurs européens. Pékin rejette ces critiques en mettant en avant l'innovation et la montée en gamme de ses entreprises.
« L'excédent commercial de la Chine avec l'Union européenne et le Royaume‑Uni a (...) atteint un niveau record, ce qui devrait encore accentuer les tensions commerciales » — Nguyen Hoang Nam, Capital Economics
Conséquences pour la France et l'Europe
Pour la France, comme pour l'ensemble de l'Union, plusieurs effets sont à surveiller : pression sur l'industrie manufacturière européenne, renforcement des revendications en faveur de mesures de défense commerciale (droits antidumping, restrictions), et intensification des négociations bilatérales et multilatérales. Un excédent chinois soutenu peut aussi alimenter des ajustements de politiques macroéconomiques globales, notamment en matière de change et de chaînes d'approvisionnement.
Enfin, la forte reprise des exportations chinoises interroge sur la nature de la demande mondiale : au‑delà du redémarrage post‑pandémie, la vigueur des flux commerciaux traduit une normalisation mais aussi une compétition accrue pour les parts de marché sur des segments industriels sensibles.
À court terme
Les autorités européennes et les industriels vont surveiller les prochains relevés douaniers. Si la tendance se confirme, l'UE pourrait durcir sa posture commerciale et multiplier les outils de réponse — un enjeu majeur pour les relations économiques franco‑chinoises et pour la stratégie industrielle européenne.