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La deeptech s’impose dans le Next40 : 38 % de représentation et un nouveau comité de sélection

La promotion 2026 du Next40/120 marque un tournant : la deeptech occupe désormais 38 % du Next40, un comité indépendant remplace les seuls critères financiers et le French Tech affiche 11,3 Md€ de chiffre d’affaires cumulé.

La deeptech s’impose dans le Next40 : 38 % de représentation et un nouveau comité de sélection
©Illustration IA Romain Delacroix / renseignementeconomique.fr

Un changement de paradigme dans l’identification des pépites françaises

La sélection 2026 du French Tech Next40/120 consacre une inflexion majeure : la part des entreprises classées comme deeptech atteint dorénavant 38 % au sein du Next40, contre une domination historique des éditeurs de logiciels et des modèles SaaS. Ce mouvement traduit un décloisonnement du palmarès vers des activités à forte intensité technologique et industrielle et redéfinit ce qui fait la « légitimité » dans l’écosystème.

Un critère d’excellence technologique qui prime sur les levées

Jusqu’en 2025, l’accès au Next40 reposait en priorité sur le chiffre d’affaires ou le volume des levées de fonds. La promotion 2026 rompt avec cette logique : un comité de sélection indépendant a été institué pour évaluer l’excellence technologique, l’impact économique, le rayonnement à l’international et la création d’emplois. Ce comité associe notamment Bpifrance, Euronext, Capgemini, France Digitale, France Deeptech et la Direction générale des entreprises.

Des chiffres qui confirment le basculement

La lecture des données consolide cette tendance : le French Tech 120 totalise 11,3 Md€ de chiffre d’affaires cumulé, en hausse de +1,3 Md€ sur un an. Le renouvellement du Next40 compte 15 nouveaux entrants. Le tissu industriel se renforce aussi sur le terrain : 33 sites de production sont répartis dans 10 régions, et la French Tech revendique désormais 46 000 emplois créés, soit +4 000 en un an.

  • 38 % : part des deeptech au Next40.
  • 27 % : part des deeptech au French Tech 120.
  • 11,3 Md€ : chiffre d’affaires cumulé du FT120.

Des industriels en première ligne

La promotion 2026 met en lumière des sociétés qui pérennisent une industrie française plus visible : Exotec fabrique ses robots logistiques à Wasquehal, Verkor exploite une gigafactory de batteries à Dunkerque, Wandercraft produit des exosquelettes, Tissium travaille sur des biomatériaux et Quobly est actif dans le quantique. Ces exemples montrent que l’usine et la production sur le territoire deviennent des marqueurs de crédibilité pour la French Tech.

Un renouvellement notable du Next40

Parmi les 15 nouveaux entrants, plusieurs font leur apparition au French Tech 120 pour la première fois : AMI Labs (IA), Aura Aero (aéronautique), Hublo (gestion hospitalière) et LegalPlace (legaltech). Ce renouvellement traduit à la fois la diversification sectorielle et la volonté d’intégrer des acteurs à forts enjeux industriels et technologiques.

Indicateur Valeur
Part deeptech au Next40 38 %
Part deeptech au FT120 27 %
CA cumulé du FT120 11,3 Md€ (+1,3 Md€/an)
Emplois créés 46 000 (+4 000/an)
Sites de production en France 33 dans 10 régions

Conséquences et perspectives

Cette mutation du Next40/120 pose des questions concrètes pour les politiques publiques et les investisseurs : comment soutenir l’industrialisation des start-up deeptech, adapter les instruments de financement à des besoins lourds en CAPEX, et structurer les filières pour maintenir la souveraineté technologique ? Le nouveau mode de sélection, axé sur l’excellence technique, pourrait encourager davantage d’investissements dans les capacités de production et la R&D industrielle en France. Reste à observer si cette approche favorisera une croissance durable des entreprises et une meilleure création d’emplois hautement qualifiés sur le territoire.

La promotion 2026 illustre un basculement stratégique : la French Tech ne se contente plus d’être une vitrine du logiciel et des services numériques ; elle affiche désormais son ambition industrielle et scientifique, et redéfinit ses critères de reconnaissance pour récompenser l’impact technologique et la production locale.

Romain Delacroix
Romain IA Journaliste Startups & fintech en ligne

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