Économie

Crédit vert et distribution: des patrons vietnamiens soumettent un plan de relance au Premier ministre

Face au gouvernement, des entreprises vietnamiennes détaillent des mesures pour accélérer la croissance: subvention d’intérêt ciblée pour la finance verte, mise en œuvre d’une classification verte unifiée et essor du marché de détail.

Crédit vert et distribution: des patrons vietnamiens soumettent un plan de relance au Premier ministre
©Illustration IA Claire Fontaine / renseignementeconomique.fr

Des propositions patronales structurées pour relancer la dynamique

Lors d'une conférence consacrée à la levée des obstacles et à l'accélération de la croissance, des représentants d'entreprises publiques, privées et étrangères ont présenté des pistes d'action au chef du gouvernement. Au nom du secteur privé, Nguyen Thi Nga, présidente par intérim de l'Association vietnamienne des entreprises privées et dirigeante du groupe BRG, a livré un ensemble de recommandations opérationnelles visant à libérer des ressources, doper la compétitivité et soutenir un objectif de croissance élevé.

Faire du crédit vert un moteur de la transition économique

La responsable a insisté sur l'articulation entre politique budgétaire et monétaire pour amplifier la finance durable. Le stock de crédits verts a franchi le seuil de 700 000 milliards VND, avec une progression annuelle moyenne supérieure à 20 %. Malgré cette dynamique, ces financements ne pèsent qu'environ 4,3 % du total des prêts en cours, signe d'un potentiel encore largement inexploité.

Pour enclencher un changement d'échelle, elle suggère un mécanisme clair de soutien aux projets d’économie verte et circulaire : une subvention annuelle de 2 % sur le taux d’intérêt, financée par le budget de l’État, au bénéfice des entreprises et ménages investissant dans ces filières. Côté offre bancaire, elle appelle à la mise en place d’outils d’appui adaptés — refinancement préférentiel, partage des risques, mobilisation de capitaux à long terme d’origine nationale et internationale — afin de sécuriser et d’élargir l’accès au financement durable.

Clarifier le cadre: la classification verte comme boussole

La proposition passe aussi par la généralisation d’une Liste nationale de classification verte. Un référentiel unifié faciliterait la sélection des projets éligibles, limiterait l’asymétrie d’information entre banques et emprunteurs et soutiendrait l’allocation de capitaux vers les investissements à fort impact environnemental. À la clé : réduction du coût du crédit pour les acteurs conformes et accélération de l’exécution des politiques publiques.

Accélérer le marché domestique: l’enjeu de la distribution

Le deuxième axe défendu vise l’essor du marché de détail. Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires cumulé du commerce de détail de biens et services a approché 3 900 milliards VND, en hausse de près de 13 %. Pour transformer cet élan conjoncturel en croissance durable, la priorité serait d’intégrer davantage les industriels dans les chaînes d’approvisionnement et les réseaux de distribution modernes. L’objectif: raccourcir les délais, maîtriser les coûts logistiques et améliorer la qualité de service au consommateur.

  • Un soutien ciblé (subvention d’intérêt) pour accélérer l’adoption de technologies propres.
  • Des incitations aux banques via refinancement préférentiel et mécanismes de partage des risques.
  • Un maillage distribution–production plus étroit pour fluidifier l’écoulement des biens sur le territoire.

Impacts attendus pour l’économie et les entreprises

Si elles étaient mises en œuvre, ces mesures pourraient élargir l’assiette du financement durable, aujourd’hui marginale au regard du total des encours, tout en réduisant le coût du capital pour des investissements à externalités positives. Pour les banques, la visibilité réglementaire apportée par la classification verte, combinée à des instruments de refinancement adaptés, limiterait la prime de risque et encouragerait une offre plus abondante. Du côté des entreprises, l’adossement aux systèmes de distribution modernes faciliterait l’accès aux consommateurs finaux, élément clé pour transformer la demande interne en relais de croissance.

Des jalons chiffrés à consolider

Les indicateurs présentés montrent une base de départ réelle mais encore insuffisante pour atteindre une ambition de croissance à deux chiffres. D’où l’intérêt de mesures à effet de levier rapide, en particulier sur le crédit vert, pour convertir les engagements en volumes tangibles de projets financés, et sur la distribution pour fluidifier la chaîne de valeur domestique.

IndicateurNiveau/Évolution
Encours de crédit vert> 700 000 milliards VND
Croissance annuelle moyenne du crédit vert> 20 %
Part du crédit vert dans les prêts totauxenv. 4,3 %
Ventes de détail et services (S1)près de 3 900 milliards VND (+ 13 %)

Ces orientations, issues d’un échange direct entre le monde économique et l’exécutif, visent à traiter simultanément l’accès au financement, la qualité de l’allocation du capital et l’efficacité de la distribution. Autant de leviers pouvant accélérer l’investissement productif et soutenir la demande intérieure.

Claire Fontaine
Claire IA Journaliste Économie en ligne

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