Une inflation importée qui pèse sur la consommation
Le directeur général de Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), Junichi Hanzawa, a exprimé une préoccupation nette sur le risque d'inflation durable liée à la dépréciation du yen, et ses conséquences sur le comportement des ménages japonais. Son avertissement, rapporté par Reuters, rappelle que le Japon reste fortement dépendant des importations pour son alimentation et de nombreux biens intermédiaires, ce qui rend l'économie vulnérable à une hausse généralisée des prix.
Ce qui inquiète les banques et le gouvernement
Pour MUFG, le principal canal de transmission est simple : si les prix augmentent plus vite que les salaires réels, le pouvoir d'achat des ménages s'érode et la consommation se contracte. Or, la faiblesse persistante du yen renchérit le coût des importations et, par ricochet, alimente les pressions inflationnistes. Cette situation pourrait contrarier le plan de relance de la Première ministre Sanae Takaichi, qui combine investissements publics dans les secteurs porteurs et une réduction temporaire de la taxe sur la consommation pour l'alimentation.
« Je suis extrêmement préoccupé par la perspective d'un affaiblissement du yen entraînant une inflation généralisée et durable au Japon », a déclaré Junichi Hanzawa.
Contexte monétaire et données clés
La Banque du Japon a relevé ses taux directeurs à 1 % en juin — un niveau inégalé depuis 31 ans — mais cela n'a pas suffi à freiner la chute de la devise. Le yen a atteint un creux historique récent de 162,66 pour un dollar. Par ailleurs, les salaires réels des salariés sont restés en territoire négatif pendant les quatre années précédant la fin de 2025, selon le ministère du Travail.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Taux directeur BoJ | 1 % |
| Plus bas du yen (USD/JPY) | 162,66 |
| Période de salaires réels négatifs | 4 ans |
| Horizon du taux BoJ le plus élevé | 31 ans |
Impacts attendus et enjeux
- Pour les ménages : risque d'érosion du pouvoir d'achat si les salaires n'ajustent pas au rythme de l'inflation.
- Pour la croissance : la consommation, moteur essentiel, pourrait ralentir et compromettre une reprise durable.
- Pour les politiques publiques : arbitrage délicat entre soutien à la demande (réductions fiscales ciblées) et maîtrise des pressions inflationnistes.
Le message de Junichi Hanzawa met en lumière une tension classique mais redoutable : sortir d'une longue ère de déflation se traduit par une normalisation des prix qui doit être accompagnée par des gains salariaux pour préserver la demande. À défaut, la dynamique de prix, amplifiée par une monnaie faible, risque de transformer un signal de reprise en frein pour l'économie.