La France consolide son vivier de licornes grâce aux levées géantes dans la deeptech
La scène start-up française gagne en densité : 32 entreprises hexagonales atteignent désormais le statut de licorne, soit une valorisation supérieure à un milliard de dollars. Deux opérations réalisées début mars expliquent en grande partie ce bond : la société quantique Pasqal, qui a levé 340 millions d'euros pour atteindre une valorisation de 2 milliards d'euros, et AMI Labs (Advanced Machine Intelligence Labs), cofondée par Yann LeCun, qui a bouclé une levée de 890 millions d'euros valorisant la jeune pousse à 3 milliards d'euros.
Ces deux dossiers confirment la montée en puissance des segments deeptech et intelligence artificielle dans l'écosystème français : Pasqal devient la première licorne française du quantique, tandis qu'AMI Labs illustre l'attraction des projets d'IA portée par des figures académiques et des montants massifs de financement.
- 32 : nombre de licornes françaises recensées en mars 2026.
- 340 M€ : levée additionnelle de Pasqal, valorisation portée à 2 Md€.
- 890 M€ : montant levé par AMI Labs, valorisation à 3 Md€.
Sur la scène mondiale, la France occupe la 6e place selon la base CB Insights, derrière des nations aux écosystèmes beaucoup plus lourds en nombre et en capital : les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Le recensement mondial fait apparaître 1 331 licornes pour une valeur cumulée dépassant les 5 600 Md$.
| Rang | Pays | Nombre de licornes |
|---|---|---|
| 1 | États-Unis | 712+ |
| 2 | Chine | 248+ |
| 3 | Inde | 85+ |
| 4 | Royaume-Uni | 57+ |
| 5 | Allemagne | 36+ |
| 6 | France | 32 |
À l'échelle européenne, la France grimpe au troisième rang derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni ; si l'on restreint l'analyse aux pays membres de l'Union européenne, elle prend la seconde place derrière l'Allemagne. Le dynamisme parisien se reflète aussi dans la capitalisation : l'écosystème francilien est désormais estimé à 169 Md$, contre 85 Md$ en 2022.
Ces indicateurs sont positifs, mais ils posent aussi des questions structurelles sur la capacité de la France à transformer ces valorisations en champions mondiaux pérennes. Les montants levés par Pasqal et AMI Labs montrent que des investisseurs sont prêts à soutenir des développements long terme, souvent intensifs en R&D. Reste à savoir si le tissus d'entreprises françaises saura consolider des positions commerciales robustes à l'international, attirer et retenir des talents, et structurer des chaînes de production ou de services autour de ces technologies.
En conclusion, l'entrée de deux acteurs deeptech dans le cercle des licornes illustre une bifurcation qualitative de l'écosystème français : des succès de financement remarquables qui obligent à penser la suite — industrialisation, marchés, souveraineté technologique — au-delà du simple critère de valorisation.