Un risque humain plus qu’informatique
L’essentiel des attaques qui frappent aujourd’hui particuliers et entreprises ne tient plus à une faille logicielle exotique mais à l’exploitation de l’humain. L’ingénierie sociale — manipuler une personne par téléphone, SMS ou courriel pour qu’elle prenne une décision préjudiciable — est désormais présentée comme la menace majeure dans le paysage canadien décrit par la source. Cette bascule a des implications directes pour la distribution des produits d’assurance et pour la mission des intermédiaires.
Un appel manqué dans l’offre des courtiers
La critique adressée aux intermédiaires est nette : «
Un courtier qui n'est pas en mesure de parler des risques de cybercriminalité auxquels son client est exposé et de lui proposer de véritables solutions laisse un vide que quelqu'un d'autre comblera.»
Autrement dit, l'absence d’accompagnement sur ces sujets crée non seulement un manque de protection pour le client, mais également une perte d'opportunité commerciale pour le courtier. Le constat invite à reposer la question des compétences et des services proposés par les réseaux de distribution : formation à la prévention, évaluation des expositions, et sélection de couvertures adaptées.
Des pertes déjà significatives et probablement sous-estimées
Les chiffres cités confirment l’ampleur du phénomène : selon le rapport 2024 du Centre antifraude du Canada, les Canadiens ont déclaré des pertes liées à la fraude pour 638 millions de dollars. Mais ce montant ne serait que la partie émergée de l’iceberg : le Centre estime que ces signalements représentent seulement entre 5 % et 10 % des pertes réelles.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Pertes déclarées (2024) | 638 M$ |
| Part estimée des pertes réelles signalées | 5–10 % |
Conséquences pour la chaîne assurantielle
- Les assureurs et courtiers doivent intégrer l'ingénierie sociale dans leur évaluation des risques et dans la construction des garanties cyber.
- La formation des conseillers est nécessaire pour détecter les vulnérabilités comportementales et orienter les clients vers des mesures préventives.
- La sous-déclaration des pertes suggère un besoin accru de remontée d'information et de collaboration entre acteurs publics et privés pour mesurer l'ampleur réelle du phénomène.
Enjeux pratiques
Pour le marché français, la leçon est transposable : les intermédiaires qui ne maîtrisent pas l’angle humain de la cybercriminalité mettent en risque la protection de leurs clients et ratent une partie du marché. Adapter les produits, renforcer la sensibilisation et clarifier le rôle du courtier dans la prévention sont des pistes dont la mise en œuvre déterminera la capacité du secteur à réduire l’impact financier et social de ces fraudes.