Un pari : transformer l'IA en tremplin d'emploi pour les jeunes
Le gouvernement britannique expérimente un dispositif visant à réduire le risque d'exclusion professionnelle des jeunes en les formant aux usages de l'intelligence artificielle. Dans ce programme pilote, environ 70 participants âgés de 16 à 24 ans, identifiés comme NEET (ni en études, ni en emploi, ni en formation) ou en risque de le devenir, suivent une initiation intensive d'trois semaines pour apprendre à concevoir des outils d'IA, comprendre leurs applications en entreprise et les principes d'une utilisation responsable.
À l'origine de l'expérience, l'idée est claire : plutôt que de considérer l'automatisation et l'IA comme une menace abstraite pour l'emploi des entrants sur le marché du travail, les pouvoirs publics cherchent à transformer ce défi en opportunité en dotant les jeunes de compétences techniques et d'une culture professionnelle autour de ces technologies.
Ce que font les participants et ce qui change
Dans un centre de jeunesse à Preston, au nord-ouest de l'Angleterre, des jeunes se retrouvent autour d'écrans pour des ateliers pratiques. Ils apprennent à concevoir des outils d'IA, découvrent comment les entreprises intègrent ces technologies et abordent la responsabilité qui les accompagne. Le programme ne se limite pas à l'initiation : il prévoit des passerelles vers des formations supplémentaires proposées par des partenaires privés, ouvrant des perspectives vers des métiers tels que le marketing assisté par IA ou le support informatique spécialisé.
- Durée : 3 semaines
- Participants ciblés : environ 70 jeunes, 16-24 ans, NEET ou en risque de l'être
- Objectifs : compétences pratiques en IA, sensibilisation à l'usage responsable, accès à formations et emplois par des partenaires
Retour d'expérience et ambitions
Les témoignages de participants traduisent un changement de perspective. Khudeija Rafique, 18 ans, juge que l'accès à l'IA "pourrait être un atout pour sa future carrière". Pour Remy Simms, 17 ans, le cours a modifié sa vision : il montre comment « collaborer avec l'IA, et non la combattre ». Ces propos illustrent un objectif central du programme : réduire l'appréhension liée à la technologie en la rendant accessible et utile dans un portefeuille de compétences professionnelles.
« Il nous a montré qu'on peut collaborer avec l'IA, et non la combattre. »
Quelles conséquences pour l'emploi des jeunes ?
Concrètement, ce type d'initiative vise trois effets : augmenter l'employabilité des jeunes en leur offrant des compétences demandées par les employeurs, créer des parcours de transition vers des apprentissages professionnels proposés par des entreprises partenaires, et répondre au déficit de profils techniquement formés pour des fonctions en croissance (marketing numérique, assistance IT, etc.). Pour les employeurs, un vivier local formé sur des compétences ciblées peut réduire les coûts de recrutement et de formation initiale.
Limites et questions en suspens
La portée réelle du pilotage reste à mesurer : le programme couvre environ 70 personnes, un volume marginal face aux millions de jeunes concernés par la question de l'emploi. Reste aussi à vérifier l'adéquation entre la formation courte (trois semaines) et les besoins réels en compétences opérationnelles, ainsi que la capacité des entreprises partenaires à transformer l'initiation en emplois ou apprentissages durables.
À court terme, toutefois, cette expérimentation illustre une stratégie : ne pas opposer jeunesse et technologies, mais tenter de faire de l'IA un levier d'insertion. Pour les jeunes en difficulté d'accès au marché du travail, l'enjeu est double : acquérir des compétences techniques et reconstruire une trajectoire professionnelle crédible aux yeux des recruteurs.