Un déséquilibre commercial persistant malgré un marché domestique porteur
La France consomme de plus en plus d'herbes aromatiques mais peine à en produire suffisamment. Selon le dernier rapport de FranceAgriMer, les importations ont augmenté de 48 % sur dix ans, atteignant près de 57 000 tonnes pour une valeur de 390 millions d'euros, tandis que les exportations ont progressé de seulement 8 % et restent en deçà de 16 000 tonnes pour 156 millions d'euros. Le résultat : la France est le 9e importateur mondial et seulement le 17e exportateur pour ce marché.
« Depuis 2021, les surfaces cultivées sont en baisse et la balance commerciale reste largement déficitaire avec presque quatre fois plus d'importation que d'exportation »
Des surfaces en recul et une filière fragmentée
Le rapport souligne une érosion des surfaces cultivées depuis 2021. Ce recul s'explique par plusieurs facteurs déjà bien connus du secteur : spécialisation des exploitations, difficultés à dégager des marges suffisantes sur des productions souvent jugées peu stratégiques, et concurrence d'importations à bas coût. Le manque d'organisation collective et d'investissements pour structurer des filières solides freine la montée en puissance d'une production nationale capable de répondre à la demande.
Conséquences pour les producteurs, l'industrie et les consommateurs
Pour les producteurs, la situation traduit une double difficulté : des prix parfois insuffisants et des risques liés à la variabilité climatique et aux cycles courts de production. Pour l'industrie agroalimentaire française, dépendre d'importations amplifie l'exposition aux tensions logistiques et aux variations de prix sur le marché mondial. Enfin, pour les consommateurs, cela signifie une offre largement adaptée aux goûts mais importée, avec un coût environnemental et économique lié aux importations massives.
Axes de réponse et défis à relever
Des tentatives d'acclimatation et d'innovation culturale se multiplient, portées par des entreprises et des instituts techniques. Pour qu'une relocalisation durable se concrétise, plusieurs leviers doivent être activés :
- Structuration des filières : contractualisation entre producteurs et transformateurs, organisation de coopératives ou de contrats de filière.
- Investissements techniques : serres, équipements de séchage, standardisation des process pour améliorer la qualité et la durée de conservation.
- Soutiens économiques : aides à l'installation, primes à la conversion et instruments pour sécuriser la trésorerie des producteurs.
Quelques données clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Importations (tonnes) | ~57 000 t |
| Valeur des importations | 390 M€ |
| Exportations (tonnes) |
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