Adoption parlementaire et bilan macro‑fiscal
La Chambre des représentants a définitivement adopté le projet de loi de règlement portant sur l'exécution de la loi de finances 2024. Le texte a recueilli 85 voix pour et 35 contre, sans abstention. Le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a présenté un bilan qu'il juge encourageant malgré un contexte international dégradé et des contraintes climatiques durables.
Chiffres clés de l'exercice 2024
Les principales données publiées par le gouvernement sont les suivantes :
- Croissance : +3,8% en 2024 (contre 3,7% en 2023).
- Déficit budgétaire : 3,8% du PIB (contre 4,3% en 2023).
- Taux d'endettement : 67,7% du PIB.
- Dépenses du budget général : 516,7 milliards de dirhams.
- Recettes : 527,9 milliards de dirhams.
- Excédent consolidé : 36,84 milliards de dirhams en intégrant les comptes spéciaux du Trésor et les services autonomes de l'État.
| Indicateur | Valeur 2024 |
|---|---|
| Croissance | 3,8% |
| Déficit | 3,8% du PIB |
| Dette publique | 67,7% du PIB |
| Dépenses | 516,7 milliards MAD |
| Recettes | 527,9 milliards MAD |
| Excédent global | 36,84 milliards MAD |
Origines de la trajectoire et secteurs porteurs
Selon la présentation faite à la Chambre, la progression du produit intérieur a été portée par les activités non agricoles. Le tourisme et les exportations sont explicitement cités comme moteurs de la dynamique, compensant en partie la faiblesse du secteur agricole, durement touché par une sécheresse qui s'étend déjà depuis six ans et a provoqué une contraction de 4,8% de la valeur ajoutée agricole.
Perspectives budgétaires et engagements
Le gouvernement anticipe une poursuite de l'amélioration des équilibres publics : un déficit attendu à 3% du PIB en 2026 et un ratio d'endettement inférieur à 66% du PIB d'ici la fin du mandat. Ces objectifs servent de repères pour les choix de dépense et de recettes à venir, mais restent dépendants de facteurs externes (conjoncture mondiale, conditions climatiques).
Ce que cela signifie pour les finances publiques
Le fait que les recettes du budget général dépassent les dépenses sur le périmètre présenté est significatif : il permet au gouvernement d'afficher un excédent global quand sont inclus les comptes spéciaux et les services autonomes. Cela renforce la marge de manœuvre proclamée pour réduire légèrement l'endettement et viser un déficit plus faible.
Risques et limites
La dépendance à des secteurs sensibles aux chocs externes (tourisme, exportations) et la persistance de la sécheresse constituent des fragilités. L'évolution effective vers un déficit à 3% et une dette sous 66% du PIB dépendra de la mise en œuvre des politiques budgétaires annoncées et des conditions économiques internationales, deux éléments sur lesquels le gouvernement aura à rendre compte dans les prochains exercices.