Un avion autonome français financé pour passer des bancs d'essai à la certification
La jeune société Tompaero, installée à Lannion, annonce une levée de 1,5 million d'euros destinée à financer les étapes de certification de son premier appareil, le FSC‑2 Aviator. Conçu pour répondre aux besoins d'urgences médicales et de logistique, cet aéronef vise à opérer dans l'espace aérien civil comme un avion classique, mais sans pilote à bord.
Le projet est porté par l'ingénieur Tommaso Passerin d'Entrèves, 38 ans, dont le parcours industriel — de l'hélicoptère aux équipements pour Airbus et Boeing — a servi de base technique. L'idée a pris corps pendant la pandémie, lorsque des contraintes logistiques dans le secteur médical ont révélé des limites de l'offre existante en matière de transport urgent.
- Levée : 1,5 million d'euros
- Lieu : Lannion (aérodrome local, hangar)
- Création : Tompaero voit le jour en janvier 2025
- Objectif opérationnel : intégrer l'espace aérien civil et être opérationnel d'ici 2031
- Soutien régional : Prêt d'Honneur à l'Amorçage Régional (Phar) de 45 000 euros
Les fondateurs mettent en avant une ambition précise : appliquer aux systèmes autonomes les mêmes principes de sécurité que ceux qui régissent l'aviation habitée. Autrement dit, numériser et intégrer les standards de sûreté pour que, hormis l'absence de pilote, l'appareil se comporte comme un avion au regard des règles aéronautiques.
« J’ai toujours eu les yeux tournés vers le ciel »
Le positionnement de Tompaero se veut différenciant par rapport au monde des drones : là où beaucoup d'acteurs ont développé des solutions confinées à des espaces aériens restreints, la start-up ambitionne un appareil certifié capable d'opérer aux côtés d'hélicoptères médicaux et d'autres voilures en espace civil. Le cas d'usage prioritaire mentionné est le transport d'organes et d'équipements critiques, pour lequel les contraintes temporelles et réglementaires actuelles peuvent être incompatibles avec l'urgence.
Reste cependant un défi majeur : obtenir des autorités compétentes la certification équivalente à celle d'un avion habité. Cela implique des campagnes d'essais, des démonstrations de redondance et de robustesse des systèmes embarqués (notamment IA et commandes de vol) et une acceptation des règles d'intégration au trafic aérien civil. La levée de fonds annoncée vise précisément à financer ces étapes.
Au-delà de la technique, l'enjeu est économique et réglementaire. Si l'appareil parvient à satisfaire les exigences de sécurité et d'intégration, il pourrait ouvrir un marché pour des services de transport médical rapides et réduire les tensions sur les moyens actuels (hélicoptères, logistique spécialisée). À l'inverse, l'échec des validations réglementaires ou des essais compromettrait la viabilité du modèle.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Montant levé | 1,5 M€ |
| Prêt régional | 45 000 € |
| Date de création | Janvier 2025 |
| Horizon visé | Opérationnel d'ici 2031 |
La trajectoire de Tompaero illustre une tendance croissante : des projets qui cherchent à transcender le cadre des drones pour proposer des aéronefs autonomes certifiés, capables d'opérer dans l'espace aérien partagé. Le soutien régional et la levée récente fournissent un premier carburant financier, mais le calendrier et le coût réels des processus de certification détermineront si cette ambition se traduira en service concret pour les urgences médicales françaises.