Un déficit de mobilisation des jeunes aux conséquences économiques et sociales
La France mobilise moins ses jeunes sur le marché du travail que plusieurs voisins du Nord de l'Europe. Ce constat, au croisement des statistiques d'emploi et des études comparatives européennes, éclaire deux freins identifiés : un nombre élevé de jeunes ni en études, ni en emploi, ni en formation (les "NEETs") et une moindre propension à cumuler études et activité professionnelle.
Des chiffres qui pèsent
Le diagnostic repose sur des ordres de grandeur clairs : la France recense 880 000 jeunes NEETs, soit 11 % des 15-24 ans, un niveau qui la place au 4e rang le plus élevé au sein de l'Union européenne. L'écart avec des pays comme l'Allemagne ou les Pays-Bas se traduit par des gains d'emploi potentiels mesurables :
| Référence | Gains potentiels d'emplois |
|---|---|
| Convergence vers la moyenne européenne | 125 000 |
| Alignement sur l'Allemagne | 260 000 |
| Alignement sur les Pays-Bas | 580 000 |
Deux leviers structurels à mobiliser
Le document met en avant deux pistes concrètes pour réduire cet écart :
- Réduire le nombre de NEETs en adaptant les dispositifs d'accompagnement social et professionnel vers les publics les plus exposés à l'exclusion ;
- Favoriser le cumul études-emploi (alternance, jobs étudiants, stages) afin de renforcer l'employabilité des jeunes et d'améliorer la transition école-emploi.
Sur ce dernier point, la différence est flagrante : environ un quart des 15-24 ans en France travaillent pendant leurs études, contre près des trois quarts aux Pays-Bas. Cette moindre exposition au monde du travail durant la formation réduit les opportunités d'insertion et limite la mise en pratique des compétences acquises.
Ce que cela change pour les salariés, demandeurs d'emploi et employeurs
Pour les jeunes, une plus grande présence sur le marché du travail pendant la formation signifie une expérience professionnelle accrue, une meilleure maîtrise des attentes des employeurs et, à terme, des trajectoires moins heurtées. Pour les employeurs, faciliter l'embauche de jeunes en alternance ou en contrat à temps partiel représente un vivier de compétences plus large et une possibilité de mieux former les futurs salariés.
Quelles politiques publiques pour accélérer ?
Plusieurs leviers sont évoqués sans détail exhaustif : faciliter le temps partiel adapté aux études, valoriser les emplois étudiants au sein de l'enseignement supérieur, et pousser des réformes de l'apprentissage et de l'orientation. Chaque piste vise à réduire à la source le risque d'exclusion des plus fragiles et à accroître l'offre de main-d'œuvre qualifiée.
Au-delà des chiffres, l'enjeu est double : il s'agit à la fois d'améliorer l'insertion sociale des jeunes les plus éloignés de l'emploi et d'accroître le potentiel de croissance du pays en mobilisant une ressource encore insuffisamment exploitée.