Rebond des recettes immobilières et amélioration du solde
En 2025, le besoin de financement des collectivités territoriales s'est réduit à -9,3 milliards d'euros, selon la Cour des comptes. Cette amélioration de 2,7 milliards par rapport à l'année précédente est largement liée à la reprise du marché immobilier et à la manne qu'apportent les droits de mutation à titre onéreux (DMTO).
Quel rôle jouent les DMTO ?
Les DMTO ont pesé lourd : la Cour note qu'ils se sont élevés à 16,1 milliards d'euros en 2025 et que leur progression représente « près de la moitié » de la hausse globale des produits de fonctionnement des collectivités. Concrètement, le redressement des transactions immobilières a directement alimenté les trésoreries communales et départementales, améliorant les équilibres budgétaires.
« Le mouvement de dégradation du solde des collectivités entamé en 2023 (...) s'interrompt en 2025 », relève la Cour des comptes.
Des améliorations mais des disparités
La Cour rappelle toutefois que cette situation positive masque des contrastes. Le bloc communal (communes et intercommunalités) apparaît globalement en meilleure santé financière que les régions et départements, dont la situation est jugée moins solide. Par ailleurs, une part de l'amélioration tient à la baisse de l'inflation et des prix de l'énergie, qui a limité la progression des charges réelles de fonctionnement.
- Besoin de financement des collectivités en 2025 : -9,3 Md€
- Amélioration annuelle : +2,7 Md€
- Recettes DMTO en 2025 : 16,1 Md€
- Projection gouvernementale pour 2026 : -4,4 Md€
Perspectives et risques
Le gouvernement anticipe pour 2026 un solde encore meilleur, à -4,4 milliards d'euros, soit une division par plus de deux du déficit attendu. Mais la Cour des comptes pointe des risques extérieurs : les tensions internationales, notamment la guerre au Moyen-Orient, peuvent compromettre ce redressement en pesant sur l'activité économique et la confiance sur le marché immobilier.
Conséquences concrètes pour les collectivités
Sur le terrain, la hausse des DMTO se traduit par un renfort des marges de manœuvre pour les communes et départements : + de recettes pour financer équipements, services ou rembourser des emprunts. Mais la Cour note aussi que certaines dépenses ont été reportées, notamment des travaux de voirie au niveau départemental. Enfin, elle critique la manière dont l'État a sollicité les collectivités dans l'effort de redressement : une mise à contribution jugée « insuffisamment concertée ».
| Indicateur | Valeur 2025 |
|---|---|
| Besoin de financement des collectivités | -9,3 Md€ |
| Amélioration annuelle | +2,7 Md€ |
| Recettes DMTO | 16,1 Md€ |
| Projection 2026 (gouvernement) | -4,4 Md€ |
Pour un élu local, cela signifie aujourd'hui des marges financières retrouvées si le marché immobilier se maintient — donc des décisions à prendre en matière d'investissement et de report de charges. Mais l'horizon reste incertain : la dynamique positive observée en 2025 dépend autant de la vitalité du marché immobilier que de facteurs macroéconomiques exogènes.